Paul Collin

Résumé

Paul Collin Fleurs de givre (1899)

Les mignons longuement se frottent la paupière Et jettent sur l'aïeul des regards hésitants. Mais, lui, tire soudain les rideaux. La lumière Pénètre, tout à coup, en rayons éclatants.
Tout le monde a sauté hors du lit et se penche Vers la fenêtre : « Ah! tiens, le grand-père a raison. La neige, c'est la neige! et la campagne est blanche Sous le soleil qui rit, joyeux, à l'horizon!
« On dirait de l'argent splendide où le jour lance Des diamants. Les yeux en sont tout éblouis... La neige ! C'est vraiment la neige ! Ah ! quelle chance ! » Et tous les fronts et tous les coeurs sont réjouis.
Source : Gallica

Paul Collin Fleurs de givre (1899)

Je vois sa grâce et sa jeunese Toujours vivantes dans tes yeux.
Qu'importe qu'Avril fasse éclore Les fleurs, aux feux naissants du jour? Mon seul printemps, ma seule aurore C'est l'ivresse de ton amour!
122 FLEURS DE GIVRE
OASIS
J'AI dans mon coeur, à l'abri des orages, Une oasis, où tout est calme et frais. Nul importun n'en perce les ombrages, Nul indiscret n'en peut troubler la paix.
J'ai dans mon coeur un jardin solitaire Dont les parfums m'enivrent nuit et jour; La fleur du rêve y croît dans le mystère, Dans le silence y naît la fleur d'amour.
Source : Gallica

Paul Collin Fleurs de givre (1899)

Et, comme si pour elle il se fût arrêté, Le Temps n'a point flétri de rides sa beauté, Son front, qu'un renouveau miraculeux caresse, Est tout brillant encor de grâce et de jeunesse.
Comme, autour d'elle, tout dormait de son sommeil, Tout revit, la voyant revivre. Le soleil Se ranime; les fleurs, par maléfice closes, Retrouvent leurs parfums de lilas et de roses; Les oiseaux, qui croyaient les ramages finis, Reprennent la chanson gazouillante des nids Et la sérénité de la fraîche lumière Rayonne au firmament comme à l'aube première!
Source : Gallica

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