E. Merveilleux du Vignaux

Résumé

E. Merveilleux du Vignaux Au fil de la vie (1928)

Alors, la nuit vibra d'un long frémissement,
la plaine tressaillit ; on eût dit par moment
que la brise apportait l'écho d'une musique ;
des voix pures au loin, chantaient comme un cantique.
« Il vient à vous, le Dieu caché ; il s'est revêtu de misère ; petit enfant, il est couché dans les bras bénis de sa mère ; le maître divin du tonnerre sur votre peine s'est penché.
Il s'est ému de votre plainte quand vous l'imploriez à genoux ; il vous aime ; son joug est doux ; il veut votre coeur sans contrainte.
C'en est fait de la loi de crainte, le Dieu d'amour est parmi vous. »
Source : Gallica

E. Merveilleux du Vignaux Au fil de la vie (1928)

Je me revois encor un matin dans la rue
avec mon brassard blanc marchant à petits pas
au sortir de l'église, et répétant tout bas
la prière d'amour et les mots de tendresse
dont mon âme était pleine. Oui, pour qu'il m'apparaisse
tel qu'autrefois, ce jour imprégné de douceur,
qu'avez-vous donc ce soir remué dans mon coeur ?
Pourquoi cet abandon ? Je ne sais plus moi-même, et l'ai-je su jamais ? C'est lentement qu'on aime et qu'on cesse d'aimer. Le temps s'écoule, on croit rester encor le même
Source : Gallica

E. Merveilleux du Vignaux Au fil de la vie (1928)

On a l'illusion de faire quelque chose tout en ne faisant rien. Comme un oiseau se pose et, la tête sous l'aile, engourdi de sommeil attend pour s'envoler le retour du soleil, ainsi, sans y songer, sans regret, sans envie, on laisse disparaître un morceau de la vie, dont aucun souvenir jamais ne reviendra; et lorsqu'arrive enfin l'heure où chacun s'en va pouf reprendre au dehors la tâche commencée, les joueurs, sans scruter le fond de leur pensée sentent obscurément qu'ils ont longtemps dormi, et que rien ici-bas ne vaut encore l'oubli.
Source : Gallica

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