Résumé

Les jeunes poètes de France (1928)

Des roses, près de moi, languissent dans un vase, Coeur largement ouvert, corolle qui s'évase,
Tête basse, penchée... A leur teint pâlissant Je les vois se mourir en ce jour finissant.
Le soir sur elles glisse une ombre enveloppante... Qui les quitte... revient... lentement, et rampante... Les brunit et les fond... et je ne vois plus rien...
Je ne sens qu'un parfum, qui s'envole, aérien...
Dans le ciel assombri, soudain, naît une étoile Et la lune paraît... un nuage la voile...
Et j'entends un bruit doux... l'effeuillement des fleurs. Et mon coeur s'amollit et se gonfle de pleurs.
Source : Gallica

Les jeunes poètes de France (1928)

Devant cet Inconnu formidable qui passe...
De quels soucis son coeur pourrait-il se charger? Chaque pénible pas ouvre un peu plus d'espace ! Le Destin est de vivre et non de s'affliger !
On s'éprend malgré soi des plus futiles choses, On s'éprend d'un vieux banc, d'un arbuste ou d'un chien On aime ! sans penser, sans pénétrer les causes ! Et qu'importe en effet lorsque l'on aime bien ?
Vieillit-on lorsque c'est d'amour que l'on déjeûne ? Le monde est demeuré pour nous comme un berceau; Et c'est l'art le plus grand que l'art de rester jeune !
Source : Gallica

Les jeunes poètes de France (1928)

Rien Qu'une Lune Bien
Austère, D'abord.
Tout dort Sur terre.
Mais là-bas Dans la plaine Toute pleine De frimas,
L'ombre s'efface ; Et doucement, L'oiseau charmant Remplit l'espace
De ses joyeux cris En battant de l'aile,
Et sa ritournelle Chasse les esprits
De la nuit qui s'achève.
Le vent léger, le vent Qui s'irrite souvent,
Lutine sur la grève.
Soudain l'horizon se fend Derrière un rideau de brume ;
Il semble que l'on allume Mille cierges à l'instant.
D'abord pâle comme un sourire De malade, le jour naissant Semble hésiter ; car le croissant S'attarde et dans l'étang se mire.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature