Émile Lante, Les émotions modernes : poèmes… (1904)
“ Mon Dieu, je ne vous aime jamais tant, qu'au soir, Quand votre ciel se meurt en nuances éteintes Qui filtrent sur le monde et les coeurs las d'espoirs, Comme un baume certain à leurs multiples craintes; Quand vos mille lambeaux de nuages dorés, Roses, mauves et verts se fondent l'un dans l'autre, Pour s'évaporer en flocons de bleu nacré, Où pointent les dards nus des étoiles qui flottent Et dont l'or véhément nous semble pourtant doux De ce qu'elle sont si belles et si lointaines !... Dieu bien-aimé, le soir, on est plus près de vous, Et l'on se sent meilleur, aux brises moins humaines ”
