Résumé

Émile Lante Les émotions modernes : poèmes… (1904)

Mon Dieu, je ne vous aime jamais tant, qu'au soir, Quand votre ciel se meurt en nuances éteintes Qui filtrent sur le monde et les coeurs las d'espoirs, Comme un baume certain à leurs multiples craintes; Quand vos mille lambeaux de nuages dorés, Roses, mauves et verts se fondent l'un dans l'autre, Pour s'évaporer en flocons de bleu nacré, Où pointent les dards nus des étoiles qui flottent Et dont l'or véhément nous semble pourtant doux De ce qu'elle sont si belles et si lointaines !... Dieu bien-aimé, le soir, on est plus près de vous, Et l'on se sent meilleur, aux brises moins humaines
Source : Gallica

Émile Lante Les émotions modernes : poèmes… (1904)

L'ardent besoin qui meut les générations, Le besoin de porter une âme dans son âme, Flue et reflue avec les flots de leurs pensers... ils veulent que l'Amour consume de ses flammes Leur tragique chagrin que rien ne pût user ; Ils appellent l'Amour !... Aimer, souhait magique, Mais qu'en leur solitude ils comprennent si mal Que bientôt des amours chassent l'Amour unique Qui, dans leur coeur, pourrait remplacer l'Idéal ! Ils aiment !... Et, bercés, agenouillés vers celle Que le hasard d'un soir a jeté dans leurs bras, Se baignent dans l'azur de sa calmante voix...
Source : Gallica

Émile Lante Les émotions modernes : poèmes… (1904)

Ira peut-être mettre, on ne sait où, loin, mettre Du calme et du repos dans le coeur d'une enfant Qui, pâle d'être en mai, devant l'ombre inouïe Pleure d'émotion, de regret et de peur, Triste, en sentant son coeur, confus comme la vie, S'ouvrir obscurément, s'ouvrir avec les fleurs !
Des amants enlacés prennent sur le fond bleu De l'heure élégiaque un aspect légendaire, Et, les voyant ainsi, l'un à l'autre, tous deux Penchés au bord tremblant de leur âme en prière, On comprend la grandeur des aveux trop connus Dont rien ne peut changer les phrases surannées.
Source : Gallica

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