Résumé

Émile Lesueur Cendres de roses : premières poésies… (1902)

« Le printemps a cueilli dans l'air des fils de soie. »
Armand SILVESTRE.
Le printemps nous sourit aux cieux :
Tout chante, tout prie et tout aime ;
Plus d'un calice gracieux S'émeut et s'ouvre de lui-même.
Le soleil brille sur les champs.
Ainsi que le luth des trouvères,
Il se réveille en de doux chants :
L'espoir est fait de primevères.
L'été passe dans un matin Avec ses voluptés exquises,
Et les corolles de satin Tressaillent au baiser des brises.
Reprenons nos rêves défunts.
L'onde baigne des fleurs écloses Dans l'harmonie et les parfums
L'élégance est faite de roses.
Source : Gallica

Émile Lesueur Cendres de roses : premières poésies… (1902)

Eclate en sanglots, se meurtrit les seins. Son Wilhelm est mort ! Lui mort ! Elle pleure, Et maudit le fer des vils spadassins.
Ses lèvres voudraient baiser son entaille. — « Coule, coule à flots, léger vin du Rhin, En glouglous joyeux, de notre futaille Au casque d'airain ! » —
Mais peut-être aussi, loin d'elle, l'infâme Sur un lit gothique, oublie son amour Aux vagues baisers de quelque autre femme. Lénore le voit plus beau, dans ce jour,
Ployer les genoux et courber la taille. — « Coule, coule à flots, léger vin du Rhin, En glouglous joyeux, de notre futaille Au casque d'airain ! »
Source : Gallica

Émile Lesueur Cendres de roses : premières poésies… (1902)

Soyez le baiser que je pose Amoureux, folâtre et tremblant, Sur ses yeux clairs, sur son front blanc. Soyez le baiser que je pose !
FROU-FROU
Quand, de sa robe blanche, elle frôle en passant Mon bras, que son parfum, avec ceux de la terre, Monte vers mon cerveau comme un afflux de sang, Quand nous rêvons ainsi, dans le parc solitaire,
Les oiseaux nous font fête, et le jour, en naissant, D'un oeil embrouillardé sonde ce doux mystère. — Fruit nouveau que murit un rayon salutaire, — Mon coeur s'est réveillé dans ce frisson puissant.
Source : Gallica

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