Pierre Nebout

Résumé

Pierre Nebout Études et poèmes (1888)

Car tes yeux, et non pas ton rêve, l'avaient vue
Aux rives de Phalère, où, sortant des flots bleus,
Elle te souriait en tordant ses cheveux.
Et la Grèce admirait la sublime hétaïre,
Car tous de la beauté sentaient le doux empire ;
Les sages avec elle aimaient le long du jour
A causer de beauté, d'idéal et d'amour,
Comme, chez Périclès, aux genoux d'Aspasie
Socrate et Phidias causaient de poésie;
Et Phryné, la beauté divine au noble coeur,
Préférait entre tous l'artiste créateur,
Celui qui sait le mieux aimer dans une femme
Et les splendeurs du corps et les grâces de l'âme.
Source : Gallica

Pierre Nebout Études et poèmes (1888)

Ma fuite fut ta mort ! Est-ce toi que je vois, ô trop fidèle amante ! O victime, ô d'Enée incurable remord !
Ah! j'atteste les dieux, eux dont la main puissante Me guide ici vivant, et m'y fraie un chemin Fertile en pleurs amers et semé d'épouvante,
Je t'aimais ! J'ai subi l'immuable destin ! Je porte l'avenir d'un peuple qui m'entraîne, Je ne sais où je vais, et je résiste en vain !
Oh ! parle, parle-moi, daigne parler, ô reine ! Lève sur moi tes yeux, que j'entende ta voix,' Dis-moi que tu pardonnes et ne sens plus de haine !
Parle ! car dans cette ombre à peine je te vois ! Ah !
Source : Gallica

Pierre Nebout Études et poèmes (1888)

Il contemple, il voudrait éterniser la grâce
Qui sans cesse varie et qui si vite passe,
Et, qu'il sculpte le marbre ou fixe la couleur,
Qu'il modèle le corps ou façonne le coeur,
Qu'il soit l'artiste ou bien le maître au doux empire,
Qui, pendant que leur âme est une molle cire,
Imprime, avant que l'âge, hélas! les ait flétris,
Les instincts généreux dans leurs jeunes esprits,
Seule, si rayonnante et joyeuse de vivre,
La jeunesse en sa fleur et l'attire et l'enivre,
Et la terre, où mouraient ses rêves étouffants,
La terre est belle encor, puisqu'elle a les enfants !
Source : Gallica

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