“ Et je sens qu’en dépit de toute ma colère Rodrigue dans mon cœur combat encor mon père : Il l’attaque, il le presse, il cède, il se défend, Tantôt fort, tantôt faible, et tantôt triomphant ; Mais en ce dur combat de colère et de flamme, Il déchire mon cœur sans partager mon âme ; Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir, Je ne consulte point pour suivre mon devoir : Je cours sans balancer où mon honneur m’oblige. Rodrigue m’est bien cher, son intérêt m’afflige ; Mon cœur prend son parti ; mais, malgré son effort, Je sais ce que je suis, et que mon père est mort. ”
Rodrigue
Définition et enjeux
Rodrigue, personnage central de Le Cid de Pierre Corneille, incarne l'idéal chevaleresque de l'honneur et de la bravoure. Corneille le présente comme un guerrier valeureux, déchiré entre ses devoirs familiaux et ses sentiments, illustré par des monologues où l'honneur l'emporte sur l'émotion.
Sainte-Beuve, lui, souligne sa dimension humaine, mettant en avant ses actes de bienfaisance et sa dévotion. Ces approches, combinées à l'analyse des textes, révèlent un personnage complexe, symbole des tensions entre vertu et passion dans l'œuvre corneillienne.
Citations sur “Rodrigue”
Pierre Corneille,
Le Cid
(1637)
“ Don Rodrigue Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître. Le Comte Sais-tu bien qui je suis ? Don Rodrigue Sais-tu bien qui je suis ? Oui ; tout autre que moi Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d’effroi. Les palmes dont je vois ta tête si couverte Semblent porter écrit le destin de ma perte. J’attaque en téméraire un bras toujours vainqueur ; Mais j’aurai trop de force, ayant assez de cœur. À qui venge son père il n’est rien d’impossible. Ton bras est invaincu, mais non pas invincible. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Nouveaux lundis. Tome 7
(1863-1870)
“ Rodrigue seul va droit à l'affligé, le retire, lui baise même la main avec charité, le couvre de son manteau, le fait manger au même plat que lui, le fait boire à son flacon, le fait dormir près de lui sous sa garde, et attire ainsi sur sa tête les bénédictions les plus tendres de ce malheureux qui le proclame le plus humain et le plus pieux des chevaliers, et le salue du nom de bon Rodrigue, un nom qui vaut bien celui de Cid ou Seigneur que lui ont donné les Maures soumis. ”
Pierre Corneille,
Le Cid
(1885)
“ Deux personnages dominent tous les autres : Rodrigue et Chimène. Après eux viennent don Diègue et don Gomès ; puis, au troisième plan, le Roi, l'Infante et don Sanche ; enfin don Arias, don Alonse, et les gouvernantes Léonor et Elvire, Rodrigue. — Rodrigue est le type de l'honneur et de la bravoure chevaleresques. Jeune, vaillant, généreux, il unit à ces brillantes qualités la fougue et la témérité de son âge, comme aussi les ardeurs enthousiastes et les subites défaillances. ”
Pierre Corneille,
Théâtre choisi de Corneille : édition classique précédée d'une notice littéraire
(1877-1880)
“ CHIMÈNE Ah, Rodrigue ! il est vrai, quoique ton ennemie, Je ne te puis blâmer d'avoir fui l'infamie ; Et, de quelque façon qu'éclatent mes douleurs, Je ne t'accuse point, je pleure mes malheurs. Je sais ce que l'honneur, après un tel outrage, Demandait à l'ardeur d'un généreux courage : Tu n'as fait le devoir que d'un homme de bien ; Mais aussi, le faisant, tu m'as appris le mien. Ta funeste valeur m'instruit par ta victoire ; Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire : Même soin me regarde, et j'ai, pour m'affliger, Ma gloire à soutenir, et mon père à venger. ”
“ Et défends ton honneur, si tu ne veux plus vivre. Don Rodrigue Après la mort du comte, et les Mores défaits, Faudrait-il à ma gloire encor d’autres effets ? Elle peut dédaigner le soin de me défendre : On sait que mon courage ose tout entreprendre, Que ma valeur peut tout, et que dessous les cieux, Auprès de mon honneur, rien ne m’est précieux. Non, non, en ce combat, quoi que vous veuillez croire, Rodrigue peut mourir sans hasarder sa gloire, Sans qu’on l’ose accuser d’avoir manqué de cœur, Sans passer pour vaincu, sans souffrir un vainqueur. ”
“ Quand le cœur est atteint d’un si charmant poison ! Et lorsque le malade aime sa maladie, Qu’il a peine à souffrir que l’on y remédie ! Léonor Votre espoir vous séduit, votre mal vous est doux ; Mais enfin ce Rodrigue est indigne de vous. L’Infante Je ne le sais que trop ; mais si ma vertu cède, Apprends comme l’amour flatte un cœur qu’il possède. Si Rodrigue une fois sort vainqueur du combat, Si dessous sa valeur ce grand guerrier s’abat, Je puis en faire cas, je puis l’aimer sans honte. Que ne fera-t-il point, s’il peut vaincre le comte ? ”
“ Tous deux formés d’un sang noble, vaillant, fidèle, Jeunes, mais qui font lire aisément dans leurs yeux L’éclatante vertu de leurs braves aïeux. Don Rodrigue surtout n’a trait en son visage Qui d’un homme de cœur ne soit la haute image, Et sort d’une maison si féconde en guerriers, Qu’ils y prennent naissance au milieu des lauriers. ”
“ Puisque c’est votre honneur que ses armes soutiennent, Je vais lui présenter mon estomac ouvert, Adorant en sa main la vôtre qui me perd. Chimène Si d’un triste devoir la juste violence, Qui me fait malgré moi poursuivre ta vaillance, Prescrit à ton amour une si forte loi, Qu’il te rend sans défense à qui combat pour moi, En cet aveuglement ne perds pas la mémoire Qu’ainsi que de ta vie il y va de ta gloire, Et que dans quelque éclat que Rodrigue ait vécu, Quand on le saura mort, on le croira vaincu. ”
Pierre Corneille,
Oeuvres choisies de P. Corneille
(1883)
“ Le temps assez souvent a rendu légitime Ce qui sembloit d'abord ne se pouvoir sans crime : Rodrigue t'a gagnée, et tu dois être à lui. Mais quoique sa valeur t'ait conquise aujourd'hui, Il faudrait que je fusse ennemi de ta gloire, Pour lui donner sitôt le prix de sa victoire. Cet hymen différé ne rompt point une loi Qui sans marquer de temps, lui destine ta foi. Prends un an, si tu veux, pour essuyer tes larmes. Rodrigue, cependant il faut prendre les armes. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Devant le roi et devant Chimène, sous le porche de l’église, au clair soleil d’un jour de fête, Rodrigue parait, et déjà sa première apparition est moins héroïque qu’élégante. Tout jeune, sa jeunesse et sa grâce se révèlent jusque dans le murmure de la foule. On l’accueille comme un bel adolescent, presque comme une jeune fille. Cette couleur juvénile ne messied pas au personnage ; elle sied surtout au musicien, qui l’a cherchée dans toute sa partition. ”
A. de Saint-Fargeau, Le Cid Campéador, ou Le héros de Castille… (1867)
“ Le roi est occupé loin de là avec toutes ses troupes, pas d'espoir de salut pour ces malheureux. Rodrigue s'émeut à cette pensée; son cœur a conçu un noble projet: il rendra ces pauvres captifs à la liberté, ces infortunés chrétiens à leur religion bien-aimée, ou il succombera glorieusement en le tentant. Il rassemble, dans le plus grand secret, une petite troupe de vasseaux braves et dévoués, et s'enfonce avec eux dans les montagnes d'Oca. Il est un défilé étroit par où les Sarrasins doivent nécessairement passer; c'est là que Rodrigue dresse son embuscade. ”
“ Rodrigue, fuis, de grâce ; ôte-moi de souci. Que ne dira-t-on point si l’on te voit ici ? Veux-tu qu’un médisant, pour comble à sa misère, L’accuse d’y souffrir l’assassin de son père ? Elle va revenir ; elle vient, je la voi : Du moins, pour son honneur, Rodrigue, cache-toi. Scène II Don Sanche, Chimène, ElvireDon Sanche Oui, madame, il vous faut de sanglantes victimes : Votre colère est juste, et vos pleurs légitimes ; Et je n’entreprends pas, à force de parler, Ni de vous adoucir, ni de vous consoler. ”
“ Rodrigue ! Rodrigue ! ce que c’est que d’avoir des bons amis, des vrais amis, des sincères amis ! Et Gaston, le cœur trop plein, déborda sur le sein de son bon, de son vrai, de son sincère ami. — Allons ! allons ! c’est comme çà. Je venais mouiller ton anniversaire et je devrai maintenant sécher tes larmes, tes grosses larmes. Mais si l’on guérit le feu par le feu, le froid par le froid, je guérirai, moi, le liquide par le liquide. ”
Jean Tranchant,
Rodrigue
(1947)
“ En arrivant aux sous-sols qui étaient vastes et laqués, Rodrigue fut étonné de trouver une domesticité d'opérette. Un majordome à demi chauve, dont la jaquette en télescope et le faux-col cylindrique laissaient émerger une masse de joues roses et un crâne jaune (jambon froid mayonnaise, se dit Rodrigue) , un chef de cuisine haut et moustachu comme un ogre, deux gâte-sauces aux yeux battus, un impeccable valet de pied, deux femmes de chambre à bonnet de dentelles, la duègne aux regards égrillards, enfin le jardinier. ”
Jean Tranchant,
Rodrigue
(1947)
“ Où aller tout seul comme un clebs, avec le sale argent de je ne sais qui ? Ce « je ne sais qui » sans yeux, sans lèvres et sans dents, « je ne sais qui » ?... Abîmé dans un flot de questions, jaloux dans le vague, ivre d'incertitude, incapable de donner à son infortune un nom, un sens, Rodrigue reprit sa valise et vint s'asseoir à la terrasse du Weber. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Les crimes de l’amour, Nouvelles héroïques et tragiques
“ Des écuyers revêtent à l’instant Rodrigue. Le fier espagnol attaque vigoureusement le premier qui se présente, quelques minutes lui suffisent pour en triompher ; un second s’approche, il l’abat de même, et en moins de deux heures, Rodrigue a vaincu tous ses ennemis. Tyran, lui crie l’organe qu’il entendait par fois, jouis de tes derniers lauriers, les succès qui t’attendent en Espagne ne seront pas aussi brillans que ceux-ci ; les destins du sort sont remplis, les trésors de la caverne sont à toi, mais ils ne serviront qu’à ta perte. — Eh quoi ! je n’aurai triomphé que pour être vaincu ? ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Les crimes de l’amour, Nouvelles héroïques et tragiques
“ Je suis à toi, répond Rodrigue, j’aime bien mieux n’avoir à vaincre qu’un pareil adversaire, que de lutter plus long-tems contre ces flots innombrables de peuples. — Je ne te parais donc pas redoutable ? — Je ne vis jamais de plus faible ennemi. — Il est vrai que tu m’as déjà vaincu, Rodrigue ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Les crimes de l’amour, Nouvelles héroïques et tragiques
“ Rodrigue affronte ces dangers, et parvient enfin dans une plaine immense où rien ne guide plus ses pas. Épuisé de fatigue, desséché par la soif et la faim, il se jette sur un monceau de sable. Tout fier qu’il est, il implore le géant qui l’avait descendu dans la tour ; six crânes humains s’offrent à l’instant à lui, et un ruisseau de sang coule à ses pieds ; « tyran, lui crie une voix inconnue, sans qu’il puisse distinguer de quelle créature elle émane, voilà ce qui assouvissait tes passions quand tu étais dans le monde, use dans les enfers des mêmes alimens pour tes besoins » ”
Antoine Laurent Apollinaire Fée,
L'Espagne à cinquante ans d'intervalle…
(1861)
“ Soudain il fait venir ses fils, et , prenant tour à tour leur main délicate dans sa main osseuse, il la serre avec force. La douleur qu'ils éprouvent leur arrache des larmes et ils demandent grâce; mais quand vint le tour de Rodrigue, l'aîné de tous, il s'écria furieux: «Lâchez-moi père, lâchez-moi, car, de par le Christ, si je n'étais votre fils, au lieu de me plaindre en paroles, cette main que vous maltraitez, à défaut de dague ou de poignard, vous arracherait les entrailles.» Cet emportement plut au vieux don Diègue ; il y vit la preuve d'un noble coeur. ”
Charles-Félix de Monseignat Du Cluzel, Le Cid campeador : chronique tirée des anciens poèmes espagnols… (1853)
“ Dieu t'aime bien, Rodrigue, et il t'a accordé de réussir en tout ce que tu entreprendras, soit en paix soit en guerre. Tu croîtras en fortune et en renommée ; tu seras craint de tes ennemis, tant chrétiens que mores, et aucun ne prévaudra contre toi. Tu mourras enfin d'une mort honorée, et tu auras cette gloire insigne de remporter encore une victoire après ta mort. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Les crimes de l’amour, Nouvelles héroïques et tragiques
“ À mesure que Rodrigue avance, il est entouré de ruisseaux de laves, il voit des masses énormes, vomies du crater, s’élancer au-delà des nues, il n’est plus guidé que par les flammes qui l’entourent... il est couvert de cendres, à peine peut-il marcher. ”
Thomas Corneille,
Oeuvres de P. et Th. Corneille…
(1857)
“ Je ne sais s'il était possible qu'un homme occupé des intérêts de l'Europe, des factions de la France, et des intrigues plus épineuses de la cour, un cœur ulcéré par les ingratitudes et endurci par les vengeances, sentît le charme des scènes de Rodrigue et de Chimène. Il voyait que Rodrigue avait très-grand tort d'aller chez sa maîtresse après avoir tué son père; et, quand on est trop fortement choqué de voir ensemble deux personnes qu'on croit ne devoir pas se chercher, on peut n'être pas ému de ce qu'elles disent. ”
Georges Fourest, La Négresse blonde
“ Chimène, en voiles noirs, s’accoude au mirador et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière regardent, sans rien voir, mourir le soleil d’or... Mais un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle : sur la plazza Rodrigue est debout devant elle ! Impassible et hautain drapé dans sa capa le héros meurtrier à pas lents se promène : « Dieu ! » ”
Coraly Pirmez, Histoires et légendes, par Coraly Pirmez… (1893)
“ Rodrigue se trouble... balbutie... il a devant lui son oncle le chevalier de Cépéda. – Messire ! dit l'enfant, tout tremblant, nous allons au pays des Maures... – Au pays des Maures ! qu'est-ce que cela signifie ? reprend le chevalier, le regardant avec sévérité. Le courage du bon Rodrigue sombre tout à fait, la parole expire sur ses lèvres, il reste muet. – Nous y allons dans l'espoir de donner notre vie pour Notre-Seigneur Jésus-Christ ; il nous a tant aimés ! dit la séraphique Térèse. Le chevalier est ému jusqu'au fond du coeur. ”
Etienne François de Lantier, Voyage en Espagne du Chevalier Saint-Gervais… (1809)
“ Rodrigue combattit en héros, il disparut et l’on n’a jamais su sa destinée. Au souvenir de tant de sang et de carnage, au milieu de ce verger si riant et créé pour les jouissances de l’homme, j’éprouvais un sentiment de tristesse ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Nouveaux lundis. Tome 7
(1863-1870)
“ C'est par ce soudain tutoiement, et par rien autre chose, que Rodrigue marque qu'il vient de l'entendre dans le cours de son épanchement avec Elvire. Il la prend au point où elle est, sans qu'on s'en étonne. Il lui tend son épée pour qu'elle le frappe. Ose-t-on remarquer quelque trace de jeux de mots et de cliquetis de pensées, à propos de cette épée et du sang dont elle est teinte et qu'une autre teinture peut faire oublier? On n'a pas ce courage ; on est entraîné par le flot du sentiment qui jaillit et n'a pas de cesse. ”
André Bellessort,
Revue des Deux Mondes
“ Le domestique de don Diègue et Rodrigue s’approchent : il importe qu’ils ne soupçonnent pas votre présence et que vous les entendiez. Rodrigue sait tout. Seigneur Rodrigue, je vous en prie, ne délibérez pas si vous laverez dans le sang l’affront que votre père a reçu. Notre public considérerait que de pareilles hésitations ternissent le miroir d’héroïsme que vous êtes. La fureur vous entraîne. Précipitez-vous à la recherche de votre ennemi. Et vous, seigneur don Sanche, précipitez-vous sur ses pas. — Ah ! dit don Sanche, vous voulez que je l’empêche d’atteindre le père de Chimène ? ”
“ SCÈNE XIIIles mêmes, rodrigue rodrigue (Au moment même où Gabrielle promettait un baiser à Hector, Rodrigue avait paru avec son bouquet à la main. Il écoute, découvre le jeu de Gabrielle, puis, au moment où Hector se jette à ses pieds, il s’approche et laisse tomber sur sa tête les roses, en riant et en s’écriant ! ) Bravo ! bel amoureux, puissent les roses de l’amour orner votre front ! ”
Jean Tranchant,
Rodrigue
(1947)
“ Et la veille du krach il repart du pied gauche. Hallucination collective : Isabelle Verlaghe se marie... — Avec qui ? dit Rodrigue. L'oncle était inquiet. Il eut un regard de reproche. — Car tu l'épouses, n'est-ce pas ? Tu n'aurais pas joué à cette petite une odieuse comédie pour le compte de Marie-Adélaïde et du père Verlaghe ! Rodrigue aimait flotter comme un bouchon emporté par les vagues. Il fit un bond et se demanda s'il rêvait. La vie était donc une eau sale ? Et de quel droit venait-on souiller une camaraderie née au hasard des bois et si joyeuse, et si calme, et si pure ? ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ « Pour divertir le Cardinal et contenter en même temps l’envie qu’il avoit contre le Cid, il le fit jouer devant lui en ridicule par les laquais et les marmitons. Entre autres choses, en cet endroit où Rodrigue dit à son fils : Rodrigue, as-tu du cœur ? Rodrigue répondoit : Je n’ai que du carreau [40] . » Tout en blâmant, comme on le doit, un tel acharnement et de si indignes critiques, on est forcé de convenir qu’au moment où il parut, le Cid pouvait exciter de légitimes inquiétudes et augmenter les embarras d’une situation déjà bien difficile. ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ Tu tiens la vengeance, Corneille conseillait à l’acteur de placer son épée dans la main de Rodrigue, comme un jeu de scène indiqué plus haut par ce vers : « Passe, pour me venger, en de meilleures mains [15] . » Quand le vieillard épuisé par sa véhémence quitte Rodrigue, dont il ignore l’amour pour la fille du Comte, il semble moins précipiter sa retraite que le don Diègue français, qui n’attend pas un mot de réplique à sa fatale révélation : le père de Chimène [16] . ”
