Charles-Félix de Monseignat Du Cluzel

Élements biographiques

Charles-Félix de Monseignat Du Cluzel Le Cid campeador : chronique tirée des anciens poèmes espagnols… (1853)

Rodrigue fut heureux de la proposition et l'accepta avec grande joie. Le roi, leur ayant pris la main à tous deux, reçut leur parole; et au moment d'embrasser sa fiancée, le Cid, tout ému, la regarda, et lui dit : « Chimène, j'ai tué ton père, mais non en trahison. Je l'ai tué corps à corps pour venger l'affront fait à ma race, parce que l'honneur l'exigeait. Aujourd'hui, pour un homme je te donne un homme, et en place d'un brave père, un brave époux. Désormais, et pour la vie, je suis à ta volonté. » Ces paroles du bon Cid furent approuvées de tous.
Source : Gallica

Charles-Félix de Monseignat Du Cluzel Le Cid campeador : chronique tirée des anciens poèmes espagnols… (1853)

Alors se lève don Diègue Ordonez, qui se tenait aux pieds du corps du roi. C'est le meilleur Castillan qui soit, et la fleur du nom de Lara.
« Puisqu'il a plu au Cid, dit-il avec colère, de jurer ce qu'il ne devait pas jurer, pas n'est besoin qu'il désigne le champion de cette cause ; car tout vaillant qu'il est, et quoique je le tienne pour excellent chevalier, il y en a d'autres qui le valent.
Et, si vous le voulez, je m'offre pour soutenir ce défi, et j'y risquerai ma vie volontiers, comme tout bon gentilhomme doit le faire dans la cause de son roi. »
Source : Gallica

Charles-Félix de Monseignat Du Cluzel Le Cid campeador : chronique tirée des anciens poèmes espagnols… (1853)

Mais le roi, furieux, lui ordonna de quitter ses royaumes dans neuf jours. Et comme le Cid réclamait un délai de trente jours, conformément au droit et à la coutume, le roi s'emporta, et le menaça de toute sa puissance, s'il ne lui obéissait pas sans délai. Et ainsi se séparèrent mon Cid Ruy Diaz et le roi Alfonse; les comtes et les riches hommes se réjouissant de ce qui venait de se passer, tandis que tout le peuple du pays était dans la tristesse, et blâmait l'injustice du roi d'avoir banni un si bon vassal et un si vaillant chevalier.
Source : Gallica

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