Pierre Corneille,
Le Cid
(1637)
“ L’Infante Ah ! qu’avec peu d’effet on entend la raison, Quand le cœur est atteint d’un si charmant poison ! Et lorsque le malade aime sa maladie, Qu’il a peine à souffrir que l’on y remédie ! ”
L’infante, terme souvent lié à l’enfance ou à la royauté, a inspiré de nombreuses réflexions littéraires sur la vulnérabilité, l’innocence et les relations humaines. Pierre Corneille, dans Le Cid, évoque l’émotion d’une jeune femme face à l’amour, tandis que Victor Hugo, dans Les enfants, explore la fragilité des liens maternels et la dualité de l’existence.
Denis Diderot, lui, souligne la curiosité des petits face au monde. Louis Bertrand, dans Revue des Deux Mondes, célèbre l’attention portée au développement des jeunes, et Wilkie Collins, dans Pauvre Lucile, questionne les méthodes de garde. Ces auteurs, par leurs approches diverses, révèlent une fascination universelle pour l’enfance, à la fois source de beauté et de mystère.
Pierre Corneille,
Le Cid
(1637)
“ L’Infante Ah ! qu’avec peu d’effet on entend la raison, Quand le cœur est atteint d’un si charmant poison ! Et lorsque le malade aime sa maladie, Qu’il a peine à souffrir que l’on y remédie ! ”
Ferdinand Genissieu, En prenant le thé
“ Alors commença une de ces causcries naïves, adorables dans leur innocence et leur simplicité. La logique des raisonnements d’enfants est effrayante, et vraiment en causant avec un bébé, le plus enfant, souvent, n’est pas le moins âgé. ”
Victor Hugo,
Les enfants (Le livre des mères…
(1865)
“ Sur deux, il en est un qui toujours va devant. Après avoir à peine ouvert son aile au vent, Il vint, le bel enfant, s'abattre sur la tombe ; Elle y vint après lui comme une autre colombe. On a creusé la terre, et là, sous le gazon, On a mis la nourrice auprès du nourrisson. LES ENFANTS. Et, moi, je dis : — Seigneur! votre règle est austère ! Seigneur! vous avez mis partout un noir mystère, Dans l'homme et dans l'amour, dans l'arbre et dans l'oiseau, Et jusque dans ce lait que réclame un berceau, Ambroisie et poison, doux miel, liqueur amère. Fait pour nourrir l'enfant ou pour tuer la mère! ”
Louis Bertrand,
Revue des Deux Mondes
“ Comme une bonne fermière qui épie anxieusement les couvées, elle se passionnait pour les naissances, était assidue aux caquets de l’accouchée, attentive à la croissance des nouveau-nés et elle s’émerveillait de les voir grandir, comme d’un miracle ravissant et toujours nouveau. Elle avait des mots pour tous les âges et toutes les transformations des bambins, pour tous leurs gestes et tous les menus événemens de leur existence. ”
“ Hélas! docteur, j'y suis habituée, repartit la baronne: mon pauvre enfant, à huit ans, n'a guère plus d'intelligence qu'un bébé de deux ans, et son apparence n'est certes pas celle d'un garçon de son âge. ”
François Coppée,
Œuvres complètes de François Coppée
“ Je vis une fillette à l’aspect misérable, Qui tenait sur ses bras un enfant nouveau-né. A cette heure ! en ce lieu ! J’étais fort étonné, Car, si tard, les bébés sont couchés, d’ordinaire. L’enfant pleurait, voulant sa nourrice ou sa mère, Et la petite bonne à fichu campagnard Le berçait doucement, à côté du billard. ”
Victor Hugo,
Le livre des mères : les enfants
(1870)
“ Et les peuples béants ne purent que se taire, Car ses deux bras levés présentaient à la terre Un enfant nouveau-né! Au souffle de l'enfant, dôme des Invalides, Les drapeaux prisonniers sous tes voûtes splendide: Frémirent, comme au vent frémissent les épis; Et son cri, ce doux cri qu'une nourrice apaise. ”
Victor Hugo,
L’Art d’être grand-père
(1878)
“ La nuit, quand l'enfant dort, quand ses rêves s'en vont, Certes, ils vont plus loin et plus haut que les nôtres. Je crois aux enfants comme on croyait aux apôtres; Et quand je vois ces chers petits êtres sans fiel Et sans peur, désirer quelque chose du ciel, Je le leur donnerais, si je l'avais. La sphère Que l'enfant veut, doit être à lui, s'il la préfère. ”
Denis Diderot,
Œuvres complètes de Diderot
“ Quand je vois un enfant qui s’écoute, qui va la tête bien droite, la démarche bien composée, qui craint de déranger un cheveu de sa figure, un pli de son habit, le père et la mère s’extasient et disent : Le joli enfant que nous avons là ! ”
Wilkie Collins,
Pauvre Lucile !. Tome 1
(1876)
“ Quelles sont les trois conditions essentielles au développement de votre charmant baby? téter, dormir, grandir. Tenez, en ce moment, que fait-il? Il ne tète pas, il ne dort pas, donc il grandit, et de toutes ses forces encore. Mais que lui faut-il pour grandir en toute liberté? Qu'il puisse se donner du mouvement, agiter bras et jambes à son gré. Pour les bras passe, il les a libres ; mais vous emprisonnez ses petites jambes en l'affublant d'une robe trois fois trop longue et vous le mettez dans l'impossibilité de les exercer. ”
Charles Moutte, Chants et poésies, par Charles Moutte (1853)
“ Et puis il vous faut un enfant Dont la naïve joie égayé, Qui, sur vos deux genoux, bégaye Et son premier sourire et votre nom charmant ; Un enfant qui rie et se penche Sur vos bras, naturel coussin , Et, parfois, cherche votre sein, De sa petite tête ou bien de sa main blanche. ”
Victor Hugo,
Le livre des mères : les enfants
(1870)
“ Alors, épars dans l'ombre, Les rêves d'or, essaim tumultueux, sans nombre, Qui naît aux derniers bruits du jour à son déclin, LES ENFANTS 75 Voyant de loin leur souffle et leurs bouches vermeilles. Comme volent aux fleurs de joyeuses abeilles. Viendront s'abattre en foule à leurs rideaux de lin! 0 sommeil du berceau ! prière de l'enfance ! Voix qui toujours caresse et qui jamais n'offense! Douce religion qui s'égaye et qui rit! Prélude du concert de la nuit solennelle! Ainsi que l'oiseau met sa tête sous son aile, L'enfant dans la prière endort son jeune esprit! ”
Gabriel-Désiré Laverdant, Colonie maternelle. Appel aux phalanstériens… (1851)
“ Allons, nobles et bien aimés frères, vous qui avez l'honneur d'être montés les premiers sur la brèche pour attaquer ce vieux monde des morts, en avant, en avant! Un pas encore dans la voie de la conquête et du triomphe ! Confionsnous à tout ce qu'il y a de plus petit, de plus humble et de plus misérable, l'enfant, l'Enfanttrouvé, l'enfant proscrit. ”
Gustave Droz,
Monsieur, madame et bébé (75e éd…
(1875)
“ BÉBÉ SE REMPLUME Mais, mon cher lecteur, oubliez ce que je viens de dire. Bébé -ne veut pas vous quitter; il ne veut pas mourir, le pauvre petit être; et si vous voulez en avoir la preuve, regardez-le de bien près; le voilà qui sourit. Sourire bien pâle, qui ressemble à ces rayons de soleil tiède qui se faufilent entre deux nuages à la fin d'un hiver pluvieux. On le devine plutôt qu'on ne le voit, ce sourire, mais il suffit à vous réchauffer le cœur. Le voile commence à se dissiper; il vous voit, il vous entend, il sait que petit père est là; — votre enfant vous est-rendu. ”
E.-Charles Chabot, Regrets et souvenirs. (Notice biographique sur Jean-Pierre Bachasson… (1834)
“ Enfant, C'est une mère ; Grand, Qu'elle te soit chère. Enfant, Dans ta jeunesse, Quand Froide mort t'oppresse, Qui, clôt tes yeux... En sa prière, Espère Pour toi les cieux ? Enfant, C'est une mère ”
Henriette Suzanne Brés, Mon arithmétique, j'apprends à compter… (1914)
“ Quant aux notes, La Leçon de Bébé, elles indiquent, pas à pas, les petites expériences auxquelles se prête tout l'entourage de l'enfant : ses jouets, les boutons de ses vêtements, les fruits qu'il mange, aussi bien que les lieux mêmes où il se trouve ; — que de comptes amusants on peut faire à propos des vitres d'une chambre, des fenêtres de la maison d'en face et surtout des chevaux ou des bicyclettes que l'on voit passer sur la route ! C'est inépuisable, si la maman veut bien témoigner elle-même un peu d'intérêt à ces exercices en les suivant de près, et en les variant sans cesse. ”
Anatole France,
Pierre Nozière
(1899)
“ Voyez ; je suis vieille, mais je suis belle ; mes enfants pieux ont brodé sur ma robe des tours, des clochers, des pignons dentelés et des beffrois. Je suis une bonne mère ; j’enseigne le travail et tous les arts de la paix. Je nourris mes enfants dans mes bras. ”
Victor Hugo,
Les enfants (Le livre des mères…
(1865)
“ L'enfant, charmant et nu, Riait, et, par ses mains sous les bras soutenu, Joyeux, de ses genoux montait jusqu'à sa bouche! LES ENFANTS. 199 Tremblant comme le daim qu'une feuille effarouche, Il grandit. Pour l'enfant, grandir, c'est chanceler. Il se mit à marcher, il se mit à parler, Il eut trois ans; doux âge, où déjà la parole, Comme le jeune oiseau, bat de l'aile et s'envole. ”
François de La Place, Leçons françaises de littérature et de morale… (1820)
“ L'enfant, de jour en jour, avance dans la vie; Et, comme les aiglons, qui, cédant à l'envie De mesurer les cieux dans leur premier essor, Exercent près du nid leur aile foible encor, Doucement soutenu sur ses mains chancelantes, Il commence l'essai de ses forces baissantes. Sa mère est près de lui : c'est elle dont le bras, Dans leur débile effort, aide ses premiers pas ; Elle suit la lenteur de sa marche timide; Elle fut sa nourrice, elle devient son guide ”
Myriam, Lis et violettes (1897)
“ Vous ne vous doutez pas de tout ce que je pourrais vous raconter de touchant d'une enfant de seize mois. Au lieu de ces douces caresses, ce sont des étreintes de fer qui serrent nos cœurs, mais Dieu l'a voulu. Pour moi, mon enfant existe, elle vit plus que jamais et dans une atmosphère céleste. ”
Ernest de Limagne, L'étincelle : album-mosaïque (1860)
“ Enfant, quand tout le jour vous avez en famille Tes deux frères et toi joué sous la charmille, Le soir vous êtes las, vos membres sont pliés; Il vous faut un lait pur et quelques noix frugales, Et baisant, tour à tour, vos têtes inégales, Votre mère à genoux lave vos faibles pieds. ”
Anna de Noailles,
Le Livre de ma vie
“ Dans son inconscience absolue, le petit enfant prévoit son œuvre et sa tâche ; toutes les parcelles qui le composent s’attachent à la lumière, à l’air, à la nourriture, au sommeil, à ce quotidien recommencement dans lequel il se développe et s’affermit. ”
“ Le nourrisson, pauvre être aux lèvres violettes, Râlait, quand l’ayant pris entre ses mains squelettes La danseuse chanta: « Do, do, do, l’enfant dort. » Et dans cette berceuse aveugle et sans prunelle, Pâle, ayant reconnu la nourrice éternelle. ”
Élie Reclus,
Le Mariage tel qu’il fut et tel qu’il est …
“ Mais elle vint, guérissant les blessures, calmant les irritations, endormant les rancœurs, elle vint, la maternité, opératrice des merveilles, elle vint, tenant dans ses bras l’Enfant, le doux et prodigieux miracle de la Nature. À peine est-il né, l’Enfant, que toutes choses sont faites nouvelles, que toutes vieilleries sont oubliées. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine…
“ De l’enfant, la rumeur de l’aurore aux oreilles Frais-écloses, c’est l’air emplissant les poitrines En fleur, l’air printanier rempli d’odeurs vermeilles ! L’enfant grandit, il sent la terre sous ses pas Qui le porte, le berce, et, bonne, le nourrit. ”
René Basset,
Contes populaires d’Afrique
“ C’est mon enfant, l’enfant d’un grumeau de mon sang, l’enfant des pigeons qui m’ont enseigné la sagesse. Ils m’ont dit de m’égratigner et de me couper moi-même, de prendre un grumeau, de le mettre dans un pot ; il deviendrait un enfant. C’est ainsi qu’il est devenu un enfant. ”
Étienne-Jean Delécluze,
Romans, contes et nouvelles
“ Dès qu’elles ont atteint l’âge de six ou sept ans, c’est à elles que l’on confie les enfants nouveau-nés ; ce sont elles qui les bercent et les soignent, qui les portent, les promènent et les couchent ”
Amable Tastu,
Poésies Complètes
“ Chantez au Seigneur un nouveau cantique, car un petit enfant nous est né, un fils nous a été donné. Messe de Minuit. Entre mes doigts guide ce lin docile, Pour mon enfant tourne, léger fuseau ; Seul tu soutiens sa vie encor débile : Tourne sans bruit auprès de son berceau. ”
Léon Noble, Mémoires d'un enfant pauvre (1876)
“ Pardonnez-nous, monsieur, interrompit ma mère : nous ne le faisons pas sans peine, mais vous connaissez notre position. L'enfant grandit chaque jour. Je ne le lui reproche pas, j'en suis même bien heureuse, pauvre enfant! ”
“ Ce sont les étapes ravies de la petite enfance, que les parents guettent, attendent impatiemment, saluent par des exclamations de victoire, comme si elles étaient chacune une conquête, une entrée nouvelle dans l’existence. L’enfant a grandi, l’enfant devient un homme. ”
Émile Blanchard,
Revue des Deux Mondes
“ La naissance d’un enfant en général réjouissait la famille. On avait coutume d’aplatir le nez des garçons, de presser leurs genoux dans l’idée d’amoindrir la partie inférieure, et de rendre leurs membres plus beaux. ”
Amédée Pichot,
Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Écosse…
(1825)
“ Ses petits enfans, dont la marche est encore peu assurée, s'efforcent d'accourir au devant de leur père avec le cri joyeux d'une jeune couvée ; la fumée de son humble cheminée, la pierre propre de son foyer, le sourire de sa diligente ménagère, le nourrisson qui bégaye sur son genou , charment tous ses soucis et lui font oublier ses travaux et sa lassitude. ”
Pierre-Jules Hetzel,
Le nouveau magasin des enfants
(1860)
“ Plus loin tout un banc de nourrices est sous le charme du même étonnement; cependant leurs nourrissons sont encore plus étonnés qu'elles, leurs nourrissons qu'elles ont oubliés sur leurs genoux et qui roulent à terre. ”
Raphaël Damedor, Mélancolies, sonnets (1866-1889… (1893)
“ Et l'enfant, être vierge où le ciel se reflète, Aux dents de pur émail, aux blonds cheveux ondés, Aux suaves regards de lumière inondés, L'enfant si gracieux, l'enfant cache un squelette. Les contraires jumeaux sont soudés deux à deux; L'idéal constamment s'enchevêtre au hideux; L'antithèse emplit tout, la terre et le ciel vaste. ”
Tony Blanche, L'enfant : causeries sur la manière d'élever les enfants (1882)
“ La nourrice, il faut bien le dire, cherche à tromper sur tout et pour tout. Elle trompe sur son pays, sur son âge, sur l'âge de son lait; elle présente comme sien un enfant de belle mine que lui a prêté une voisine ”
Ève Circé-Côté, Bleu, blanc, rouge
“ Tandis que le baby anglais dévore des yeux une oie dorée et trépigne de plaisir à la flamme d’un traditionnel plum pudding, nos chéris s’acheminent avec mystère vers la crèche de l’Enfant divin ; ils marchent sur la pointe des pieds et viennent pencher leurs petites figures extasiées sur la paille du berceau. ”
Ludovic Legré,
Favorin d'Arles, sa vie, ses oeuvres…
(1900)
“ N' est -ce point par une admirable disposition de la nature que ce même sang créateur , après avoir formé en entier dans le sein de la femme le corps de l' enfant , se porte , aux approches de la délivrance , vers la partie supérieure de la poitrine , pour continuer son œuvre féconde , et offrir au nouveau-né une nourriture qu' il connaît , à laquelle il est habitué ? ”
P L C F Rézard de Wouves, De la Mortalité des nouveaux-nés… (1870)
“ Ainsi tout ce qu'elle gagne est destiné à l'entretien de l'enfant et à satisfaire aux exigences des nourrices. Que lui reste-t-il à la fin de l'année? Rien, ou peu s'en faut. Voyons maintenant la position d'une fille mère qui, ayant conservé son enfant, entrera dans notre Maison de l'Enfance. Je vais l'établir sous trois états différents : 1° Fille mère consacrée à son enfant et à un nourrisson; 2° Fille mère chargée d'un enfant en nourrice, tout en conservant le sien ; 3° Fille mère placée dans une famille comme nourrice. ”
Georges Rodenbach,
Les Tristesses
“ Mordre en pleurant son sein comme un fruit sans saveur ! Enfant, tu laisseras les enfants de ton âge Rire, chanter, courir, égayer le ménage, Grimper sur les genoux des parents, chaque soir, Lorsqu’autour d’un bon feu d’hiver on vient s’asseoir ”
Jean Baptiste Desplace, Académie de Mâcon. Des Dangers de l'envoi en nourrice… (1875)
“ Si l'on observe attentivement l'enfant, à partir du jour de sa naissance, on constate bientôt qu'il affirme le besoin de se mouvoir en agitant les bras, en se servant de ses mains pour porter à sa bouche les objets qu'il peut saisir. ”
Pidrre Loti, Revue des Deux Mondes
“ Des enfans viennent à plusieurs reprises nous y voir, des très petits de cinq ou six ans, tout nus et adorablement jolis ; ils nous font des saints, nous tiennent des discours, et se retirent. Ce sont ceux de la maison, paraît-il, qui se considèrent comme un peu chez eux. ”
Gustave Droz,
Monsieur, madame et bébé (75e éd…
(1875)
“ Dans le royaume des bébés, mon préféré, mon ami, c'est le bébé des champs courant sur la grande route au milieu de la poussière, pieds nus, déguenillé, ou dénichant-des nids de merle et de pinson sur la lisière du bois. J'adore son grand œil noir étonné qui vous regarde fixe entre deux mèches de cheveux incultes, ses petites viandes fermes dorées par le soleil, son front noirci, perdu sous sa chevelure, sa figure barbouillée et sa culotte pittoresque qu'empêche de tomber à terre la bretelle paternelle, retenue par un gros bouton de métal (un cadeau de gendarme) . ”
François Coppée,
Vingt contes nouveaux
(1883)
“ La nourrice ... Où est la nourrice ? s' écria l' accouchée , dès que le jeune académicien poussa ses premiers vagissements . La nourrice était là , choisie d' avance par le « prince de la science . » C' était une Picarde aux hanches énormes , à la gorge monstrueuse , au teint d' abricot crotté , avec un bonnet de servante d' hôpital et une robe de cotonnade à fleurs , qui faisait horreur à voir . ”
Maxime Du Camp,
Les Écoles à Paris, l’enseignement primaire…
“ Rien n’est plus divertissant à voir que ces bambins rangés à la file, les mains sur les épaules les uns des autres, marchant bruyamment en mesure et chantant, sur l’air des Alsaciennes : Nous nettoierons nos chaussures et nous laverons nos mains, ou de les regarder lorsque, guidés par la baguette du moniteur, ils braillent à tue-tête : Ba, bé, bi, bo, bu ! Parfois, lorsqu’ils reniflent trop fréquemment, on interrompt la leçon et on leur dit : Mouchez-vous ! ”
Victor Hugo,
Les enfants (Le livre des mères…
(1877)
“ D'enfants aux dents de marbre, aux cheveux en broussailles, Frais, et plus charbonnés que de vieilles murailles, Qui, bruyants, tous ensemble, à grands cris appelant D'autres qui, tout petits, se hâtaient en tremblant, Dérobant sans pitié quelque laitière absente, Sous leur bouche joyeuse et peut-être blessante Et sous leurs doigts pressant le lait par mille trous, Tiraient le pis fécond de la mère au poil roux. ”
