Jean Lorrain

Jean Lorrain

Modernités (1885)

Résumé

Portrait de Jean Lorrain Jean Lorrain Modernités (1885)

A travers les cris, les huées, L'impudeur des prostituées Resplendit dans l'éternité.
Triomphantes d'être enfin nues, Surgissez, épaules connues Sous le blême et limpide éclair Des joyaux, et vous, fleurs de chair, Gonzesses aux gros chignons rouges, Qui dansez dans l'ombre des bouges Aux bras suants des gars nerveux, Éparpillez vos clairs cheveux ;
Allumez le ciel qui s'enflamme, Emplissez-le de chairs de femme, Soyez les astres et l'enfer Des firmaments des nuits d'hiver,
Et du coin de vos genoux roses, Montrés dans d'énervantes poses.
Source : Gallica

Portrait de Jean Lorrain Jean Lorrain Modernités (1885)

Pour mettre cet ancien rôdeur en équipage, Lui qui, môme chétif et blême, allait le soir Ramasser les mégots éteints sur le trottoir,
Il a suffi d'une heure et d'une Adèle Page !
Une heure, l'heure étrange, où, lasse de l'amant Titré, qui l'entretient, autant qu'il la méprise, La fille la plus vile au cœur est soudain prise D'un besoin de tendresse et d'âpre dévouement !
Femme soûle d'affront, un peu d'amour la grise, Et riche est le voyou qui passe au bon moment !
Source : Gallica

Portrait de Jean Lorrain Jean Lorrain Modernités (1885)

La pêche à quinze louis, la pêche à quinze sous L'affolent : dans la moelle elle est, hélas ! gommeuse.
Elle a des vestons courts, un col droit qui l'étrangle, Une robe bridée au ventre et qui la sangle...
Mais elle sait au Bois montrer le duc Mignon.
Elle sait prononcer : « Ah ! » d'une voix exquise, Rêve d'être célèbre ainsi qu'une marquise Tarée, et met du crin dans l'or de son chignon.
Source : Gallica

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