Maurice Magre

Résumé

Maurice Magre La montée aux enfers (1918)

Au même creux du lit creusé par vos deux corps,
Tu chercheras à retrouver le frisson mort{188}
Et trois fois tu m’appelleras du fond de l’âme
Et du fond de ta chair désireuse de femme.
La lampe tremblera toujours sur le tapis
Et les bruits monteront de la rue, assoupis,
Tu fermeras les yeux pour mieux voir apparaître
La volupté sortant du mystère de l’être,
Tu tiendras des cheveux, des vertèbres, des bras,
L’antique forme humaine en les ombres des draps,
Mais le baiser vivant sur nos lèvres fermées,
Celui-là, jamais plus, vois-tu, ma bien-aimée...
Source : Gutenberg

Maurice Magre La montée aux enfers (1918)

Les absents sont des morts qui n’auront pas de roses...
On ne prépare pas la chambre en pierres closes
Et l’on n’allume pas les quatre chandeliers.
Pour eux, pas de draps neufs, pas de bouquet lié
Avec ce jonc ténu qu’est un regret fragile.
Aucune illusion de forme volatile,
De halo lumineux et doux qui reviendrait
Hanter l’appartement où dort l’ancien secret.
Le temps fait du pastel une esquisse plus pâle,
La chaleur de la chair du sein ternit l’opale,
La rose s’évapore au fond du flacon d’or,
On le sait, on le dit... Les absents sont des morts.
Source : Gutenberg

Maurice Magre La montée aux enfers (1918)

«Quoi, pas même une femme et pas même une vierge,
Ai-je dit, qui malgré les azurs bleus trop clairs,
Parmi ces corps pétris dans la pâte des cierges
Ne sente le plaisir lui tourmenter la chair.
«Pas même un chérubin, qui par sa grâce double,
Son torse féminin, ses hanches d’Adonis,
Rappelle le péché délectable et son trouble
Et ses remords autant que l’amour infinis.
«N’est-il pas quelque coin où des fleurs en désordre
Sont rougeâtres avec d’émeraudes lueurs,
Ou des femmes aux bras mêlés jouent à se mordre,
Tordant avec orgueil leur corps plein d’impudeur?»
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature