Assia Lassaigne, Les honneurs du pied (1947)
“ Si tu avais su m'aimer, tu m'aurais prise par la main pour m'emmener dans un beau paysage. Tu te serais assis à l'ombre de quelque arbre géant au nom étrange et tu m'aurais regardé jouer en souriant, comme une mère regarde jouer son enfant. Quand le malheur descend lentement les marches larges et basses, il avance les mains tendues comme un aveugle. Il vous accule aux allées sans ombre : vous avez beau marcher à reculons, derrière vous il n'y a rien, il n'y a rien à gauche, ni à droite, et le buis taillé n'est pas un refuge. Difficile de jouer à cache-cache dans ces jardins-là. ”
