Clarisse Nicoïdski, Guerres civiles (1991)
“ Survivre, dans la forêt de nifé. Se frayer un passage. On s'écorche, mais eux n'ont même plus la peau sur les os. Leur musique soulève des vagues de sable, provoque des tempêtes, les apaise. Leurs corps distendus luttent contre le vent, les psaumes deviennent plaintes, prophéties, menaces. Léa avance. Comme si elle avait cueilli des brassées de piques ou de barbelés, elle sent le fer pénétrer sa chair, faire son chemin dans les veines, charrié par le sang jusqu'aux organes. Le fou en avait des bouquets qui lui arrachaient le visage. C'est pareil, Léa, c'est pareil et c'est bientôt la fin. ”
