J.-B. Natali

Résumé

J.-B. Natali L'appel du pays (2e édition) (1912)

Felice grattait son crâne âpre et nu. Des plis lui barraient le front; ses sourcils se joignaient.
— Je ne veux pas travailler pour l'enfant d'un Lucquois, fit-il.
Il se baissa, prit une brindille de bruyère qui traînait sur le plancher. L'ayant cassée d'un coup sec, il poursuivit : — Entre nous, Brunetta, la parenté s'est brisée comme ce morceau de bois. Je ne suis plus ton père. Tu n'es plus ma fille. Dans cette demeure qui m'appartient, tu n'as plus rien à faire. Ce soir,
considère-toi comme une inconnue à qui j'aurais accordé le gîte pour la nuit.
Source : Gallica

J.-B. Natali L'appel du pays (2e édition) (1912)

Tu n'emporteras qu'un cadavre.
Il eut un ricanement.
— Eh ! Eh ! on ne meurt pas volontiers à ton âge.
On hésite à faire le geste qui délivre, mais qui tue.
— Crois-tu Sagra Filippi capable d'hésiter?.
Essaye donc de me prendre. Et sache-le bien : je suis toujours maîtresse de ma vie — comme en ce moment. Ah! renonce à tes projets de rapt qui sont fous. Tu ne m'auras vivante que si je veux.
— Sang du Christ! clama-t-il, le poing levé. Dismoi ce qu'il faut faire pour que tu veuilles.
Source : Gallica

J.-B. Natali L'appel du pays (2e édition) (1912)

Et bientôt, un homme parut, s'avança avec précautions.
— Comment ! c'est toi Anton' Santu — dit-il, en faisant un geste de surprise, Il était vêtu de velours poussiéreux, et râpé, coiffé d'une casquette de drap, chaussé de grosses bottes.
Sa petite tête vacillait sur un grand corps maigre et dégingandé. Une barbe laineuse, de gros sourcils, un regard fuyant lui donnaient des apparences patibulaires.
— Oui, c'est moi, dit le berger.
Et, comme le nouveau venu jetait un regard inquiet dans les ronciers.
— Va, rassure-toi, ajouta-t-il. Nous sommes bien seuls et personne ne nous guette.
Source : Gallica

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