J.-B. Natali

Élements biographiques

J.-B. Natali,  L'appel du pays (2e édition) (1912)

“ Et bientôt, un homme parut, s'avança avec précautions.
— Comment ! c'est toi Anton' Santu — dit-il, en faisant un geste de surprise, Il était vêtu de velours poussiéreux, et râpé, coiffé d'une casquette de drap, chaussé de grosses bottes.
Sa petite tête vacillait sur un grand corps maigre et dégingandé. Une barbe laineuse, de gros sourcils, un regard fuyant lui donnaient des apparences patibulaires.
— Oui, c'est moi, dit le berger.
Et, comme le nouveau venu jetait un regard inquiet dans les ronciers.
— Va, rassure-toi, ajouta-t-il. Nous sommes bien seuls et personne ne nous guette.
”
Source : Gallica

J.-B. Natali,  "Parmi le thym et la rosée." Chez les bergers de Cuscio… (1934)

“ La vie pastorale mêle trop intimement un réalisme déplaisant à la plus adorable poésie . Il ne m' a pas été donné ( comme à Virgile ) de pouvoir songer à la brebis sans en évoquer l' air stupide et la queue crottée , – au parc , le purin , – au troupeau , l' odeur de bouc , – aux terrines de lait , les mouches qui s' y abreuvent et finissent par s' y noyer , –
au berger , sans me le représenter qui transperce d' un long couteau , le col abandonné d' un pauvre agneau ...
”
Source : Gallica

J.-B. Natali,  L'appel du pays (2e édition) (1912)

“ Tu n'emporteras qu'un cadavre.
Il eut un ricanement.
— Eh ! Eh ! on ne meurt pas volontiers à ton âge.
On hésite à faire le geste qui délivre, mais qui tue.
— Crois-tu Sagra Filippi capable d'hésiter?.
Essaye donc de me prendre. Et sache-le bien : je suis toujours maîtresse de ma vie — comme en ce moment. Ah! renonce à tes projets de rapt qui sont fous. Tu ne m'auras vivante que si je veux.
— Sang du Christ! clama-t-il, le poing levé. Dismoi ce qu'il faut faire pour que tu veuilles.
”
Source : Gallica

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