J.-B. Natali, L'appel du pays (2e édition) (1912)
“ Et bientôt, un homme parut, s'avança avec précautions. — Comment ! c'est toi Anton' Santu — dit-il, en faisant un geste de surprise, Il était vêtu de velours poussiéreux, et râpé, coiffé d'une casquette de drap, chaussé de grosses bottes. Sa petite tête vacillait sur un grand corps maigre et dégingandé. Une barbe laineuse, de gros sourcils, un regard fuyant lui donnaient des apparences patibulaires. — Oui, c'est moi, dit le berger. Et, comme le nouveau venu jetait un regard inquiet dans les ronciers. — Va, rassure-toi, ajouta-t-il. Nous sommes bien seuls et personne ne nous guette. ”
