Résumé

J.-B. Natali "Parmi le thym et la rosée." Chez les bergers de Cuscio… (1934)

La vie pastorale mêle trop intimement un réalisme déplaisant à la plus adorable poésie . Il ne m' a pas été donné ( comme à Virgile ) de pouvoir songer à la brebis sans en évoquer l' air stupide et la queue crottée , – au parc , le purin , – au troupeau , l' odeur de bouc , – aux terrines de lait , les mouches qui s' y abreuvent et finissent par s' y noyer , –
au berger , sans me le représenter qui transperce d' un long couteau , le col abandonné d' un pauvre agneau ...
Source : Gallica

J.-B. Natali "Parmi le thym et la rosée." Chez les bergers de Cuscio… (1934)

Mais d' ores et déjà , le berger a suffisamment décrassé le vilain pour qu' il lui soit fait grâce de l' imbécile mépris où on le tient – qui s' adresse , d' ailleurs , moins à sa personne qu' à sa profession .
Mener en troupeau , dans la fraîcheur et les parfums de pâturages pleins de poésie , « parmi le thym et la rosée », les plus douces comme les plus utiles des bêtes ; tirer des lourdes bonnes mamelles – tiède sous sa pétillante neige spumeuse et chargé des plus exquises saveurs de la terre – le lait immaculé
Source : Gallica

J.-B. Natali "Parmi le thym et la rosée." Chez les bergers de Cuscio… (1934)

Il leur mordillait la cuisse ou l' oreille , leur sautait sur le dos , de ses pattes brouillonnes , cardait leur toison où , toujours , des graines griffues restent prises . A force d' agaceries , il les obligeait à le rouler par terre et c' était son plus grand plaisir de recevoir , sur son rose ventre dodu , la bourrade d' une tête laineuse , aux petites cornes malgré tout attentives à ne pas lui faire de mal .
Jours heureux !
Il grandit rapidement . La mamelle d' une brebis ne lui suffisant plus , il eut , matin et soir , une pleine terrine de lait mousseux et tiède , à peine tiré .
Source : Gallica

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