“ Possédant un courage sans mesure, connaissant l’art de faire le moulinet avec la massue, il errait, exerçant les leviers de fer et les épées, faisant vibrer la massue ou le pilon. 2836. Il errait dans la forêt, tuant les quadrupèdes et les oiseaux sauvages. Les rois des animaux abandonnaient ce vaste bois, troublé par ces guerriers amis des combats et ce monarque d’une merveilleuse bravoure. ”
Massue
Définition et enjeux
La massue désigne à la fois un navire de guerre et un instrument de combat, symbolisant la puissance et la force. Conçue comme un contre-torpilleur de la classe Claymore, elle a participé à des opérations essentielles lors de la Première Guerre mondiale, notamment l’évacuation de Danilo, prince héritier du Monténégro.
Dans la littérature, le terme évoque des armes légendaires, comme dans le Mahâbhârata, où il incarne la vaillance guerrière, ou chez Victor Hugo, qui en fait un outil de résistance face à l’adversaire. Ces approches, mêlant histoire militaire et symbolisme, révèlent la massue comme un objet à la fois technique et chargé de significations culturelles.
Citations sur “massue”
Victor Hugo,
Claude Gueux
(1904-1924)
“ Plus prompt que la pensée, le petit homme désarmé saisit une lourde massue de bois, laissée à terre par un mourant, et, évitant le géant qui se courbait pour le saisir entre ses bras, il asséna, à mains jointes, un coup furieux de massue sur le large front de son colossal adversaire. ”
“ Douryodhana dit : Si un seul héros pousse son cri de guerre pour me combattre et si tu y consens, que cette massue me soit accordée comme l’arme de mon choix, 1845. Que celui de vous qui se croit capable, à lui seul, de me tuer, dans un combat singulier, vienne, à pied, combattre contre moi à la massue. 1846. Les combats de chars offrent (des aspects) variés, selon l’endroit où ils se livrent ; que cet unique combat à la massue soit tout à fait merveilleux. 1847. Les hommes aiment à changer d’armes. Permets donc que nous changions le (mode du) combat. ”
Anatole France,
Le Puits de sainte Claire
(1895)
“ Moi , dit le carrier , je vois sur cette tour une figure hideuse et géante qui brandit une massue , et sur cette massue je vois écrit : INIQUITÉ . Et l' Iniquité est élevée au-dessus des citoyens sur la tour des magistrats et des lois . Et fra Giovanni répondit : – Ce que l' un voit , l' autre ne le voit pas , et il est possible que cette figure que vous dites soit placée sur la tour du Podestat , dans la ville de Viterbe . ”
Émile Blanchard,
Revue des Deux Mondes
“ Près de l’endroit où l’on puise de l’eau, un vieillard retient les explorateurs pour les rendre témoins d’un exercice militaire. Spectacle curieux et bien nouveau pour des Européens que l’emploi d’une lourde massue tranchante sur les bords et d’une lance faite d’un bois très dur, longue de 4 à 5 mètres, pointue aux deux extrémités ! ”
James Fenimore Cooper,
Mercédès de Castille
“ Six d’entre eux, armés les uns de massues, les autres de javelines, coururent en avant pour aller attaquer l’ennemi dans sa citadelle. Quand il les vit à environ vingt pieds de distance, notre héros s’élança à leur rencontre. ”
Jacques-Antoine Dulaure,
Histoire de la Révolution de 1830
(1872)
“ Tandis que des ouvriers de toutes les professions marchaient en colonnes serrées portant des bâtons, des piques, des broches, des faux, des haches, des coutelas, des marteaux, des massues garnies de clous, quelques-uns seulement, des armes à feu, tandis que les femmes et les enfants montaient aux étages les plus élevés des maisons des pierres, des pavés, des projectiles de toute espèce, des habitants de chaque rue encourageaient les combattants et les travailleurs, et désignaient à ceux-ci les endroits convenables pour élever des barricades. ”
Joseph Thomson, Au pays des Massaï : voyage d'exploration à travers les montagnes neigeuses et volcaniques… (1886)
“ AU PAYS DES MASSAI Deux heures après le coucher du soleil je donne le commandement de plier les tentes; pasain son ne montait dans les airs tandis que chacun chargeait son fardeau, bouclait sa bandoulière, empoignait son fusil : tout est prêt, on jette du bois sur les feux, et nous nous plongeons résolument dans les ténèbres. Nul point de repère au milieu de l'obscurité : je prends la tête, boussole en main ; une lanterne sourde, cachée sous mon veston, me permet d'en lire les indications. Les hommes marchent à se loucher; Martin, avec les chefs et une partie des askari, forme l'arrièregarde. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Les cantiques composés en cette circonstance par le curé du lieu, Galy-Roquefort, pour implorer le ciel et conjurer le fléau, reflètent l'épouvante de la population. Depuis lors, tous les ans, à l'occasion de la fête de Saint-Pierre, patron de la paroisse, les cinq paroisses de la vallée réunies pour commémorer ce douloureux souvenir, dé- roulent dans les rues de Massat leur pieuse pro- cession au chant de ces vieux cantiques. Le soir un grand feu bénit s'allume sur la place, perpétuant la coutume antique, pratiquée en temps d'épidémie, pour purifier l'atmosphère. ”
Guy de Maupassant,
Clair de lune
(1884)
“ Quand le maire, par hasard, venait au bâtiment communal, le commandant Massarel, bardé de pistolets, passant fièrement, le sabre en main, devant le front de sa troupe, faisait hurler à son monde : « Vive la patrie ! » Et ce cri, on l'avait remarqué, agitait le petit vicomte, qui voyait là sans doute une menace, un défi, en même temps qu'un souvenir odieux de la grande Révolution. ”
Jean-Marie Servat, Histoire de Massat (1936)
“ Comme une petite ville en effet, Massat avait son église collégiale avec ses prêtres et son chapitre de six chanoines, dépendant de l'évèché de VUE DE MASSAT ET DE LA MONTAGNE DE LA SOLEILHE " OU SERPENTE LA ROUTE QUI MONTE VERS LE COL DE PORT St-Lizier. Notaires royaux, avocats au Parlement, baile, intendant, officiers du seigneur, médecins, apothicaires, chirurgieus, marchands, cabaretiers, artisans... composaient en partie la population du bourg. Le cultivateur formait la majeure partie des habitants de la vallée. ”
Émile Masqueray, La Revue de Boos. Introduction par E. Lavisse (1888)
“ Le peuple est exact au rendez-vous donné par son armée. Toute la plaine frémit maintenant du bruissement de sa voix, tressaille sous ses pieds, scintille des feux de 33,000 sabres ou baïonnettes, et je me perds avec plaisir dans ce monde sans nom, dans cette force immense de la foule dont je suis une parcelle, comme un atome d'air qui se sentirait rouler dans le vent. ”
Albert Samain,
Le chariot d'or
(1907)
“ L'heure comme nous rêve accoudée aux remparts. Penchés vers l'occident, nous laissons nos regards Sur le port et la ville, où le peuple circule, Comme de grands oiseaux tourner au crépuscule. Des bassins qu'en fuyant la mer à mis à sec Monte humide et puissante une odeur de varech. Derrière nous, au fond d'une antique poterne, S'ouvre, nue et déserte, une cour de caserne Immense avec de vieux boulets ronds dans un coin. ”
Arthur de Boissieu,
Lettres d'un passant par Arthur de Boissieu
(1869)
“ L'animal qui fait a lui seul toute la joie de notre carnaval marche précédé d'une compagnie de gardes a cheval et suivi d'une charretée de masques. Des soldats, voilà ce qu'il nous faut; des costumes,-voilà ce qui nous sied : l'uniforme nous rappelle que nous sommes un peuple guerrier; le masque, que nous sommes un peuple changeant. Parmi nous, chaque guerre enfante des combattants et chaque révolution des métamorphoses. Les serviteurs des anciens maîtres adoptent la livrée du nouveau. ”
Valérie Masuyer, La Reine Hortense et le prince Louis
“ Nous allons d’une allure calme et sûre, les animaux étant ici sages comme les gens. La raideur amusante de notre petit postillon ne nous fait pas regretter de voyager moins vite qu’en France et qu’en Italie, surtout. Mais, tandis que j’admire ces deux longues rangées de maisons pareilles, qui vont d’une distance immense jusqu’au pont de la Tamise, le Prince s’étonne de ne voir dans les rues que quelques équipages à livrées antiques, à valets poudrés, peu de piétons, et force diligences dont les sièges sont si hauts que les voyageurs assis dessus ont l’air d’être debout. ”
Claude Fournier, Mémoires secrets de Fournier l'Américain
“ Le même jour, plusieurs de mes frères clubistes et moi [56] nous nous rendons au Champ de Mars. Nous y trouvons déjà une forte partie du peuple. Nous lui fîmes part de la résolution qui était à prendre. Après avoir invité tous les citoyens à se ranger en bataille et sur deux rangs, je les prévins de se rendre le lendemain, à cinq heures du matin, sur la place de la Bastille; que là on leur ferait part de la marche à tenir dans la circonstance. ”
“ Allez chaque dimanche sur les fortifications de Paris et regardez les petits troupiers qui marchent deux par deux, en parlant du pays. Ils causent de la ferme, des voisins, des amis, des parents. Ils soupirent et parfois pleurent, ces hommes en culotte rouge dont un sabre bat la cuisse. ”
Edward Jefford, Paris pour tous (1919)
“ Autrefois, les ouvriers sans travail se réunissaient sur la Place de Grève ; telle est l'origine de l'expression «se mettre en grève, » Passez derrière l'Hôtel de Ville et, lui tournant le dos, vous voyez à votre gauche la caserne Napoléon (Garde Républicaine) , à votre droite l'annexe de l'Hôtel de Ville, anciennement Caserne Lobau, puis au fond de l'espace entre ces deux édifices vous apercevez une église dont la façade du XVIIème siècle n'a rien de bien remarquable ; son origine remonte au VIème siècle mais l'édifice actuel date en majeure partie du XVème siècle. ”
Madame de Staël,
Considérations sur … la Révolution Française
“ Quelques gardes nationaux la séparoient seuls de la populace ; les hommes armés, rassemblés dans le Champ de Mars, avoient plus l’air d’être réunis pour une émeute que pour une fête. Le roi se rendit à pied, du pavillon sous lequel il était, jusqu’à l’autel élevé à l’extrémité du Champ de Mars. ”
“ Tous deux continuèrent leur chemin à la suite du bœuf et des bouchers, des masques et du peuple de Paris, et ils arrivèrent au palais de l’Archevêque. Les hommes et les enfants jetaient le toit par terre et les meubles par les fenêtres, et les troupes les regardaient faire et riaient et empêchaient les livres d’être retirés de la rivière. Comme ils regardaient cela, ils virent passer un groupe d’hommes sans masque, vêtus singulièrement. ”
Émile Méresse, La bienheureuse Jeanne d'Arc (Nouvelle édition… (1909)
“ C'est pourquoi l'ennemi en avait fait un siège en règle. « Pour enclore la cité, lit-on dans la Chronique de la Pucelle, les seigneurs anglais et bourguignons, chefs de guerre, avaient fermé et fortifié plusieurs bastides (i) encloses de pieux et tranchées, sur tousles grands chemins passants... Et ainsi la ville... fut enclose tant de la partie de la Beausse que de la Soulongne (2) ... » (1) Bastide ou bastille, fort, bâtiment, église ou monastère où l'on pouvait se loger ou se fortifier ; un boulevard était un fort construit en terre avec palissades et fossés. ”
Auguste Massacrier, Les missions à la guerre d'un chef de section (1910)
“ Au contraire, dans le stationnement, si la section n'est pas abritée, dès qu'elle est couchée, le chef de section prend ses dispositions contre toute rafale possible en faisant serrer les rangs et les files, chaque homme entre les jambes de celui qui le précède, sur le ventre, la tête rentrée contre le sac de ce dernier, fusil étendu à terre. ”
Boucher de Courson, A tous les partis, contredits à l'écrit de M. Dupin aîné… (1833)
“ Arrivé sur la place de là Bastille, où je trouvai quelques troupes qui n'étaient point sous mes ordres, je me dirigeai avec ma colonne dans la rue du faubourg Saint-Antoine, où je trouvai quelques barricades, et où je reçus une fusillade assez vive par les fenêtres des maisons ; mais cette résistance cessa, et je m'établis, avec ma troupe, dans la grande rue du faubourg. Le feu de la mousqueterie ayant entièrement cessé, les habitans, hommes, femmes et enfans, sortirent en foule des maisons et se mêlèrent avec la troupe. ”
“ Cette mascarade, aux approches d’une telle crise, lorsque la France était sur le point de se voir envahie et dépecée, du fait et pour les beaux yeux de ces beaux seigneurs, cette mascarade, dis-je, m’inspira autant d’indignation que de mépris. Je vis passer la garde et quelques régiments de ligne l’air martial, la démarche fière, le front soucieux, comme gens prêts à jouer une partie à quitte ou double. ”
“ Sous le jour froid qui tombait du plafond vitré, la tribune luisante et grave attendait, tandis que, derrière et plus haut, occupant tout le mur du fond, le bureau avec ses tables, ses sièges, son fauteuil présidentiel, restait également désert, peuplé seulement de deux garçons de bureau, en train de changer les plumes et de visiter les encriers. — Les femmes, reprit Massot en riant, viennent ici comme elles vont dans les ménageries, avec le secret espoir que les fauves se mangeront... ”
Jules Claretie,
Les derniers Montagnards... par Jules Claretié
(1869)
“ Une foule hurlante, déguenillée et farouche, des cliquetis d'armes, des appels, des jurens, des menaces; des femmes, les cheveux épars, assises aux places des députés, les carmagnoles envahissant les tribunes, la foule sur les marches, la foule dans le parquet, la foule sur les bancs. Les députés, amis et adversaires, groupés au hasard, également menacés et parfois maltraités par cette multitude, qui n'écoutait et ne distinguait personne dans une assemblée qu'elle ne respectait plus. Chaque banc, chaque coin de la salle vit une lutte partielle. ”
Adolphe Niel,
Siège de Sébastopol, journal des opérations du génie…
(1858)
“ La place fait comme de coutume un feu très-vif de mousqueterie et d'artillerie qui ne se ralentit guère de toute la nuit, et qui inquiète beaucoup les travailleurs employés à la communication entre la troisième parallèle et les entonnoirs. ”
Charles Demotier, Annales de Calais, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours… (1856)
“ Pendant que ce feu brûlait, et qu'on faisait jouer les artifices, les six compagnies bourgeoises passèrent devant le prélat; il fut salué de tous les officiers et des-drapeaux. Ces compagnies, rangées en bataille sur la place, firent encore trois décharges de mousqueterie. La sérénité du temps, qui était des plus clairs et des plus calmes, donna le plaisir au peuple d'admirer les belles illuminations de l'hôtel-de-ville, rempli à toutes les croisées de quantités de devises et vers à la louange du roy; de la reine et de Mgr. le dauphin. ”
Vie de M. Thomas Dazincourt, prêtre de la congrégation de la Mission… (1892)
“ « Le Supérieur célèbre tranquillement la sainte messe, pour les cinq domestiques qui durent ensuite aller prendre part aux exercices de la garde nationale. Il va, lui, dîner chez ses confrères de la rue d'Alger, et y passe la nuit. Un grand mouvement de gardes nationaux a lieu dans la ville. On parle d'une lutte imminente; dans les rues, des groupes se forment;. l'anxiété paraît sur tous les visages!. Un violent mistral porte le désordre dans l'atmosphère, comme pour symboliser celui qui règne dans le gouvernement de la populeuse cité!. » Mercredi 2, - CI. Le mouvement continue à Marseille. ”
Alfred de Vigny,
Revue des Deux Mondes
“ Tout-à-coup un mouvement violent, qu’il fit, me força de quitter ma lunette et de regarder toute la place, où je n’entendais plus de cris. Le mouvement de la multitude était devenu rétrograde tout-à-coup. Les quais si remplis, si encombrés, se vidaient. Les masses se coupaient en groupes, les groupes en familles, les familles en individus. Aux extrémités de la place, on courait, pour s’enfuir, dans une grande poussière. Les femmes couvraient leurs têtes et leurs enfans de leurs robes. ”
Charles d' Héricault,
La fiancée de La Fontenelle
(1888)
“ Une foule immense, composée des morceaux de toutes les foules que nous avons montrées tout à l'heure, gens du peuple, soldats, matelots et paysans, s'écrase entre les files des gardes civiques et les murailles. Les bourgeois et les bourgeoises se pressent aux portes et aux fenêtres avec un enthousiasme bruyant. ”
Jules-Ernest Larivière, L’associée silencieuse
“ Sur la rue, les mascoutains traînent lentement leurs pas lourds et las, ils s’accostent, jasent de longues heures aux coins des rues sur des sujets insignifiants, colportent toutes sortes de commérages, se racontent les mêmes incidents vingt fois et puis reprennent leur route de leur même pas lent et fatigué. ”
Henri Mazeau, Hélène de Jaurias, soeur de charité… (1905)
“ Pour éviter le massacre, les populations habitant le théâtre de la guerre, étaient forcées de modifier l'aspect de leur tête, selon qu'étaient vainqueurs les rebelles ou les réguliers. Les missionnaires, eux-mêmes, obligés d'aller de district en district visiter leurs chrétientés, emportaient, dans leurs bagages, une natte postiche, qu'ils adaptaient à leur crâne s'ils voyageaient en pays fidèle à l'empereur, ou supprimaient s'ils se trouvaient dans des régions occupées par les rebelles. ”
Louis Blanc,
Histoire de dix ans/Tome 1
(1877)
“ En quelques instants, une masse innombrable s'était répandue comme une mer dans les rues, sur les places publiques, le long des boulevards. A ce silence lugubre de la veille, qu'interrompaient seules les détonations de la mousqueterie, succédait, dans ce qu'il a de plus orageux, le mugissement de Paris. Mais comment se faisait-il que la capitale fût libre ? Quelle puissance mystérieuse avait fait plier devant quelques bandes éparses, composées en grande partie d'ouvriers et d'enfants, des troupes si braves, si bien disciplinées ? ”
