Résumé

Émile Masqueray La Revue de Boos. Introduction par E. Lavisse (1888)

Une musique placée à bonne distance joue des marches sur un rythme large, et les premiers bataillons qui passent emplissent nos yeux de larmes. Il semble qu'elle chante un poème, cette musique, un poème sans paroles, mais plus clair, plus haut, plus retentissant que tout Homère, une épopée étincelante, faite de ce soleil qui nous illumine, de ces milliers de baïonnettes qui flamboient, de cette force indomptable qui revit devant nous dans ces soldats qui marchent en si bel ordre, avec tant d'assurance et de discipline.
Source : Gallica

Émile Masqueray La Revue de Boos. Introduction par E. Lavisse (1888)

La musique de l'infanterie de marine, qui a pris la place des précédentes, attaque un chant rapide, entrecoupé par saccades de notes aiguës comme les cris des femmes dans les mêlées des barbares, et des escadrons d'artillerie légère s'élancent au grand trot de ce nuage vers des ennemis invisibles, enlevant comme des plumes leurs canons, qui tressautent sans cesser d'être côte à côte; ils se suivent à courts intervalles, ils disparaissent et la poussière d'où ils sont sortis s'épaissit encore.
Source : Gallica

Émile Masqueray La Revue de Boos. Introduction par E. Lavisse (1888)

Le peuple est exact au rendez-vous donné par son armée. Toute la plaine frémit maintenant du bruissement de sa voix, tressaille sous ses pieds, scintille des feux de 33,000 sabres ou baïonnettes, et je me perds avec plaisir dans ce monde sans nom, dans cette force immense de la foule dont je suis une parcelle, comme un atome d'air qui se sentirait rouler dans le vent.
Source : Gallica

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