Eugène d’Eichthal

Eugène d’Eichthal

Résumé

Portrait de Eugène d’Eichthal Eugène d’Eichthal A la musique : sonnets (1894)

S'il est un bois vibrant dont la voix vaille celle Qui s'exhale en soupirs d'un triste coeur humain, Voix qui sonne plaintive au contact de la main, C'est le tien, lent et grave et doux violoncelle !
Il semble qu'un oiseau lourd, en ouvrant son aile, Quand l'archet l'a touché, s'envole de ton sein : Pourtant avant d'atteindre au ciel d'un essor plein, Dans l'air pesant, frappé, longuement il chancelle.
Source : Gallica

Portrait de Eugène d’Eichthal Eugène d’Eichthal A la musique : sonnets (1894)

Ton chant délicieux de charmeuse demeure :
Mais la grande souffrance a surgi depuis l'heure Où nos pères, heureux de voir Mai commencer, En regardant le ciel, sentaient leurs maux cesser Sous un rayon d'été, dont nous sûmes le leurre.
A qui change de coeur il faut d'autres chansons : Des rythmes de tumulte ont troué les vieux sons... Nous t'aimons tourmentée avec tes voix stridentes,
Muse de fièvre, écho des hommes d'aujourd'hui, Gais d'un rire qui traîne un enfer après lui, Plèbe de révoltés aux clameurs discordantes.
Source : Gallica

Portrait de Eugène d’Eichthal Eugène d’Eichthal A la musique : sonnets (1894)

Les mots : cours sans leur frein ta franche destinée.
A chacun de nos arts une langue est donnée : De tes cent instruments j'entends parler le choeur, Où l'un chante la force et l'autre la douceur, Plèbe d'êtres divers par l'ordre dominée.
Leur son, ruisseau limpide ou rutilant éclair, Caresse, berce, crie, aime, pleure, murmure : Libres comme un guerrier soulagé de l'armure,
Darde vers le plein ciel Bach, Beethoven, VVeber ; Affranchis-les du sol : Muse, nubile et mûre, Fends de ton large vol l'immensité de l'air !
Source : Gallica

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