Résumé

Ferdinand Estève Le martyre de saint Victor de Marseille… (1898)

Et tandis que Victor, dans son divin délire, L'air triomphant et fier, souriait au martyre, L'un des valets, docile aux désirs de César, Lentement mutilait la victime avec art!... Le fer mordant la chair — inconscient complice — Vingt fois de sa morsure aggrava le supplice ; Vingt fois, dans son cynisme et son coeur de damné, Le bourreau déchira le membre condamné, Dans l'espoir d'arracher la plainte humiliante Qu'attendait le tyran ! Mais, toujours souriante, La face du martyr qui contemplait les cieux, Semblait braver César, les hommes et les dieux !
Source : Gallica

Ferdinand Estève Le martyre de saint Victor de Marseille… (1898)

C'est au sein des rayons que Dieu se manifeste Et les valets surpris, éblouis à la fois, Demeurent interdits, épouvantés, sans voix ! Leur souffle de serpent, leur rage de vampire, Tout le fiel de leur coeur sur leurs lèvres expire, Et, glacés de terreur, considèrent Victor Dont le front vient de ceindre une auréole d'or !... Le jeune homme, plongé dans une extase sainte, Paraît transfiguré dans cette étroite enceinte, Et l'éclat de son front, et le feu de ses yeux Semblent être un reflet de la splendeur des cieux !
Source : Gallica

Ferdinand Estève Le martyre de saint Victor de Marseille… (1898)

Vénus de sa flamme enveloppant le monde L'étouffait palpitant dans une ivresse immonde!... O Christ, ô Rédempteur, Expiateur divin ! L'auguste sang d'un Dieu peut-il couler en vain ? Eh quoi ! l'Agneau sans tache, adorable victime, Du sommet de la Croix n'aurait maudit le crime Que pour le voir surgir plus effroyable encor?... Non! non!.., à ces horreurs l'exemple d'un Victor Et l'expiation de la Victime auguste Opposent le rempart immuable du Juste !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature