“ Pendant ce temps, Georges, retenu par sa blessure, couché dans sa cabane, maudissait l’inactivité à laquelle il était réduit ; cette odeur de poudre qui l’enveloppait, ce bruit de la mousqueterie qui pétillait à son oreille, tout, jusqu’à cette charge incessante que battaient les Anglais, lui donnaient cette ardente fièvre du combat qui fait que l’homme joue sa vie sur un caprice du hasard. ”
Réduit
Définition et enjeux
Le réduit désigne, dans une fortification bastionnée, un retranchement défensif qui permet aux troupes isolées de continuer le combat après l'échec des ouvrages extérieurs. Au XIXe siècle, il se distingue par trois types : les tours-modèle, les corps de garde crénelés et les réduits de môles, tels que ceux de Besançon ou de Belfort.
Les auteurs ont abordé ce concept à travers des approches diverses : Jean Humbert évoque le terme en contexte suisse, tandis que Pierre Corneille l'utilise de façon métaphorique pour décrire une vulnérabilité. L'étude des réduits s'inscrit dans un cadre stratégique, reliant architecture militaire et géographie défensive, comme le montrent les exemples de bastions nationaux en Belgique ou en Suisse.
Citations sur le réduit
Pierre Corneille,
Théâtre choisi de Corneille : édition classique précédée d'une notice littéraire
(1877-1880)
“ A quel point ma vertu devient-elle réduite (1) ! Rien ne la saurait plus garantir que la fuite. Adieu. Ne me suis point, ou retiens tes soupirs. SABINE, seule. O colère, ô pitié, sourdes à mes désirs, Vous négligez mon crime, et ma douleur vous lasse, Et je n'obtiens de vous ni supplice ni grâce! Allons-y par nos pleurs faire encore un effort. Et n'employons après que nous à notre mort. 1) Devient réduite n'est pas français. On devient malheureux, hardi, timide, etc. ; mais on ne devient pas forcé à, réduit à. ”
Jean Humbert, Nouveau Glossaire Genevois, tome 2…
“ Le mauvais temps peut arriver quand il voudra, ma récolte est toute réduite. Nous étions tous réduits avant minuit, c'est-à-dire: Avant minuit nous étions tous rentrés dans nos maisons. Terme consacré en Suisse et en Savoie. R. reducere, remettre en place, replacer. En Languedoc, au lieu de réduire, on dit: Conduire. Conduisez ce pain. Conduisez cette bouteille et ces verres.REFAIRE, v. a. Nous disons figurément et proverbialement d'une chose qu'on nous présente comme avantageuse, mais qui en effet ne l'est pas: Cela ne me refait pas la taille. ”
P. d’Haussonville, Revue des Deux Mondes
“ J’aborde le monde, écrivait-il, avec des mouvemens d’ambition que j’entretiens de mon mieux, car ils sont ma vie, et avec un fond d’indifférence qui, tôt ou tard, prendra le dessus. L’extrême lassitude que je porte en tout ressemble à la lâcheté. ”
Joseph Brunier, De l'ordre et du type dans les arts sonores et du mouvement… (1906)
“ D'où l'on peut conclure que le nombre, au point de vue du temps, est l'expression des conditions essentielles de la vie et de ses manifestations. Nous emprunterons à la philosophie les remarques suivantes sur le rôle que la limite, considérée comme signe du non-être ou du négatif, joue vis-à-vis de l'être ou du positif. Rapprochez la limite, vous diminuez l'être du positif. Au contraire, vous augmentez cet être si vous éloignez la limite. Enlevez par la pensée toute limite au temps, vous concevez l'Éternité et l'Immensité. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Théorie de la propriété
“ Or, comme nous savons qu’il y a des degrés dans l’intelligence aussi bien que dans la force ; des degrés dans la mémoire, la réflexion, l’idéalisation, la faculté d’invention ; des degrés dans l’amour et dans la pensée ”
O. V. de L. Milosz,
Ars magna
(1924)
“ Là, la multiplication et la division à l'infini s'efforcent en vain de remplir une noire et atroce éternité de terreur, et un rythme insatiable, sacrilège, infernal vous emporte comme fétu de paille, dans le tourbillonnement et le fracas du chaos de l'expiation. ”
Augustin Théry, "Conciones" français, ou Choix de discours français à l'imitation du "Conciones" latin en usage dans les rhétoriques… (1825)
“ Il semblerait donc plus sage de renoncer à toute division , comme à toute définition de l'éloquence. Une et simple dans sa nature , indéfinie dans ses objets , l'analyser, la limiter , c'est lui faire perdre sa force et sa vie. ”
Jean-Pierre Claris de Florian,
Collection complète des œuvres de M. de Florian…
“ Qui, dans un rêve, pensent être À se disputer sur les bancs. Je démontre, dit l’un. Je distingue, dit l’autre. Or, voici mon dilemme. Ergo, voici le nôtre... À ces mots, nos rêveurs, criants, gesticulants, Au lieu de s’en tenir aux simples arguments D’Aristote ou de Scot, soutiennent leur dilemme De coups de poing bien assenés Sur le nez. ”
Friedrich Nietzsche,
Par delà le bien et le mal
(1886)
“ Imaginez une organisation telle que la nature, prodigue sans mesure, indifférente sans mesure, sans intentions et sans égards, sans pitié et sans justice, à la fois féconde, et aride, et incertaine, imaginez l’indifférence elle-même érigée en puissance, — comment pourriez-vous vivre conformément à cette indifférence ? ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ Quand vous retomberez dans ces crises-là, relisez le Régent Mustel, et la Dame aux perles ou la première venue de vos pièces, et vous vous repêcherez ; car nous passons notre vie à nous noyer dans le prisme changeant de la vie, et le petit rayon que nous pouvons avoir en propre y disparaît bien facilement. ”
Maurice Leblanc,
Les Trois Yeux
“ Tout porte à croire en effet — le groupement de certaines Formes au milieu d’un espace vide et autour d’une forme immobile, les gestes exécutés, le sectionnement de cette Forme isolée — qu’il y eut supplice et suppression d’existence. ”
Alfred Tonnellé,
Trois mois dans les Pyrénées et dans le midi en 1858
“ Tout ce grand espace à perte de vue est plein en ce moment de mouvement, de vie, de passions, d’intérêts, d’intrigues qui se croisent et se heurtent en tout sens, et qui disparaissent à la hauteur où nous sommes placés. ”
“ Je vous ai dit l’attitude si convenable des gens, la réserve des dominos, le silence des hommes, les promenades lentes autour des salles et dans les couloirs, et cet ennui factice qui était peint sur les visages et qui n’était, comme j’ai pu en juger par moi-même, que de la dissimulation d’intrigue ! ”
Han Ryner,
Le Massacre des Amazones
“ Toute ponctuation, virgule ou autre, marque un repos de l'esprit, un temps d'arrêt plus ou moins long, une idée qui est finie ou suspendue, et qu'on sépare par un signe de celle qui suit. Tu supprimes ces repos, ces intervalles; tu écris comme l'eau coule, comme la flèche vole. ”
Eugène Manuel,
Revue des Deux Mondes
“ Dont la vie est si simple et d’un tissu si mince, Dois-je vous plaindre ? A qui le poids est-il plus lourd ? Vaut-il mieux que le jour soit trop long ou trop court ? Vaut-il mieux que la vie ait ou non sa décharge, Et qu’on reprenne haleine, et qu’on ait cette marge ? ”
Zacharie Astruc,
Le salon intime : exposition au boulevard des Italiens
(1860)
“ Dans cette immensité qui s'étend sous votre re- gard, tel rayon visible ramené aux proportions restreintes où vous encadrez votre ensemble, se resserre et s'anéantit dans la masse — les autres parties perdant beaucoup, à leur tour, de leur plus immense valeur. ”
François Arago,
Astronomie populaire
“ En un mot, par l’introduction d’un troisième corps attractif, la plus grande complication, toutes les apparences du désordre succéderont à une marche simple, régulière, sur laquelle l’esprit se reposait avec complaisance. ”
Laurence Sterne,
Œuvres complètes de Laurence Sterne
“ Tirons le rideau sur ceux-ci, et regardons en haut vers ceux qui semblent placés au-dessus de ces soucis : eh bien ! ils sont exposés à d’autres. Tous les rangs, toutes les conditions rencontrent des calamités relatives qui pèsent sur la vie des grands, et les accablent dans leur marche. ”
Mademoiselle Peyre, Eugène Devéria : d'après des documents originaux… (1887)
“ Excepté deux têtes d'hommes, femmes et enfants sont parfaitement manques. Je baisse, je baisse. Je n'ai plus une pensée, je ne puis plus rien apprendre, ni rien retenir, et je suis comme l'Anglais malade, je pense qu'un changement me serait favorable. ”
Frédéric Ozanam,
Lettres de Frédéric Ozanam 1831-1853
“ Il vous appartient, par votre ancienneté et votre charge dans la Société de Saint-Vincent de Paul, de la ranimer de temps à autre par des inspirations nouvelles, qui sans nuire à son esprit ancien, préviennent les dangers d’une trop monotone uniformité. Prenons garde de ne point nous renfermer dans des habitudes trop restreintes, dans certaines limites infranchissables de nombre et de durée. ”
Jean-Baptiste Delestre,
Études des passions appliquées aux beaux-arts…
“ La flexibilité, l'élasticité, la force, la débilité du tronc, composent la série de dates des subdivisions de l'existence humaine, et sont, aux yeux de l'artiste, synonymes des mots enfance, adolescence, âge mûr et vieillesse. ”
Denis Diderot,
Œuvres complètes de Diderot
“ Regardez ensuite la masse dans le moment du repos, celui où chacun a sacrifié le moins qu’il a pu de son avantage ; et comme la même diversité subsiste dans les sacrifices, même diversité d’action et de position. ”
Antoine Bret, La Belle Alsacienne (1745)
“ Tandis qu’occupée de la noblesse de mon maintien, j’essayais de me donner les grands airs que m’avait appris l’usage du monde, le parterre, dont j’avais excité l’attention, cherchait à me déchiffrer. C’est un amusement qui charme pour quelques instants l’impatience que cause la lenteur des comédiens. ”
Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling,
Bruno ou Du principe divin et naturel des choses
“ Appliquons cela aux corps célestes, et nous comprendrons pourquoi ceux auxquels le temps a été incorporé de la manière la plus parfaite, sont aussi ceux qui sont d’une nature plus élevée, ceux qui expriment le mieux, par leurs mouvements, l’égalité qui est en eux, ceux qui, enfin, n’ont qu’une densité moindre. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Plus je regardais autour de moi, et plus j’observais attentivement, moins je pouvais trouver de véritables oisifs, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, soit dans la classe inférieure, soit dans la classe moyenne, soit le matin, soit dans la plus grande partie du jour. ”
Paul Valéry,
Monsieur Teste
(1895)
“ Voyez-vous ces figures vives ? cette géométrie de ma souffrance ? Il y a de ces éclairs qui ressemblent tout à fait à des idées. Ils font comprendre, — d’ici, jusque-là... Et pourtant ils me laissent incertain. Incertain n’est pas le mot. Quand cela va venir, je trouve en moi quelque chose de confus ou de diffus. ”
Clair Tisseur , Le Littré de la Grand'Côte
“ Donnez-m’en un tant soit peu, et veut qu’on dise simplement tant soit peu. Pourquoi cette singulière exigence ? Littré donne l’exemple contraire : Ne m’en donnez qu’un tant soit peu, et cite Millevoye : « Un tant soit peu légère. » ”
“ Vous n’êtes pas gros du tout... et vous avez l’air si peu major ! Quand on me parlait du gros major, ce mot évoquait dans mon esprit une manière de futaille galonnée. J’arrive, et qu’est-ce que je trouve ?... une espèce d’échalas civil. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Maximes et Réflexions
(1833)
“ J’en suis venu à penser que, dans le tissu de la société, les uns peuvent être considérés comme la trame, les autres comme la chaîne. Les premiers font la largeur du tissu ; les seconds donnent la force, la solidité, et peut-être aussi la forme. ”
Isabelle de Charrière,
Lettres écrites de Lausanne
(1785)
“ Vous savez combien j’aime les détails, même des indifférents, et vous me demandez si votre heural me fatigue. Cette question est sans exagération la chose la plus extraordinaire que vous ayez dite, pensée ou écrite de votre vie : elle mériterait un long sermon et une plus longue bouderie ; mais je suis trop paresseux pour prêcher par lettre, et trop égoïste pour vous bouder. ”
Clair Tisseur , Le Littré de la Grand'Côte
“ Y aurait jamais de bas assez grand. — Oh, c’te grande bugne qui croit que je couche dans un bas ! fit le Joset d’un air de pitié ; mais c’est pas un bas qu’est un bas, comprenez don ! C’est un bas qu’est une cadolle ? Le bas de la Grand’Côte. Voy. Grand’ Côte. À bas. — Quand le métier est à bas, c’est quand il n’y a plus, hélas ! de pièce à donner chez le fabricant. — À bas ! dernier mot de tout. Beaux amoureux, vous ne songez guère qu’un temps viendra où vous n’aurez plus d’huile dans le chelu, rien que des canettes ébôyées dans le caissetin. — Métier à bas ! ”
Denis Diderot,
Œuvres complètes de Diderot
“ Toute la dernière scène roule sur la double acception des termes de voyage, d’asile, de demeure paisible, d’éloignement des hommes, de dernier terme des revers et des maux, de repos, qui conviennent à une fuite réelle ou à la mort. ”
Louis Audiat, Bernard Palissy, étude sur sa vie et ses travaux
“ Que si vos cris sont plus doux, vos aboiements moins rauques, vos roulades plus mélodieuses, je me récrie ; le but dépassé, il n’est pas atteint. La nature a des limites fixes, immuables. Le réel ne peut jamais être franchi. ”
Charles Morice, La Littérature de tout à l’heure
“ Ainsi le mot tourne sous nos doigts spirituels comme une figure géométrique pourvue d’angles et de facettes et qui, selon l’angle choisi, ne montre que telles facettes, renouvelées de laisser les autres dans l’ombre. — Pour moi, j’aime les mots vieillis à l’excès, ceux qui sont comme des médailles sans relief, indistinctes et frustes. ”
Wilkie Collins,
La Femme en blanc
“ Enfin, tous ces sentiments me dictent les lignes que je consigne en cet endroit. Je referme le volume. Un instinct naturel de délicatesse, invincible chez moi, me le fait replacer (par les mains de ma femme) sur la même table où sa propriétaire l’a laissé. Les événements m’entraînent au dehors. ”
Victor Hugo,
William Shakespeare
“ Rien n’éveille et ne prolonge le saisissement du songeur comme ces exfoliations mystérieuses de l’abstraction en réalités dans la double région, l’une exacte, l’autre infinie, de la pensée humaine. Région double, et une pourtant ; l’infini est une exactitude. ”
Adolphe Retté,
Lettres à un indifférent
(1921)
“ Soit dans notre chair, soit dans notre esprit, soit dans nos sentiments, soit par autrui, soit par nous-mêmes, nous en subissons sans cesse les atteintes. Tu désertes ton logis pour lui échapper, tu la retrouveras dehors. ”
“ Malgré la confusion et le mauvais goût, les plates allégories et le bariolage, il est encore supérieur à tout ce qui est de notre triste époque, où la froideur, l’insignifiance et la mesquinerie ôtent toute espèce d’intérêt. ”
Charles Cros,
Le Coffret de santal
“ Par le vertige où m’ont jeté Ses lèvres tièdes, ses yeux vagues. On se demandera d’où vient L’influx tout-puissant qui m’oppresse, Mais personne n’en saura rien Que moi seul... et l’Enchanteresse. ”
Frédéric Marcelin,
Le Passé, impressions haïtiennes
(1902)
“ L'un des plateaux de la fameuse balance, celui des actes méritoires, monte, monte sans cesse. Il est vide. L'autre, celui des actes mauvais, descend, descend... Il est si chargé ! « C'est effrayant ce qu'il descend », se dit avec angoisse le malheureux patient. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes (1859)
“ Voilà pourquoi je change sans cesse, et voilà pourquoi tout change autour de moi : c'est que nous sommes tous, hôtes de ce monde, grands ou petits, atomes pensants, brins d'herbe ou grains de sable, nous sommes tous, à des degrés différents et sous des formes infiniment variables, des êtres incomplets, faisant effort pour se compléter, et n'y parvenant jamais que d'une manière incomplète. ”
André Laurie,
La vie de collège dans tous les temps et dans tous les pays…
“ Et Jean-Charles était tout ému à la pensée du changement profond qu'un coup d'épaule fraternel, un bon exemple, un rayon d'humanité peuvent apporter dans la misère la plus noire, — tel un rayon de soleil dans une sombre journée d'hiver. ”
Friedrich Nietzsche,
Humain, trop humain
“ En quelque condition que tu sois, sers-toi toi-même de source d’expérience ! Jette l’amertume par-dessus bord en ton être, pardonne-toi ton propre Moi, car en tout cas tu as en toi une échelle à cent degrés, sur lesquels tu peux monter à la connaissance. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Causeries du lundi
“ Reprenez-le aujourd’hui : les articles semblent tout petits, tout incomplets ; ils nous font l’effet d’habits devenus trop courts pour notre taille. Je ne sais si nous avons grandi, nous avons grossi du moins. ”
Isaac Newton,
Principes mathématiques de la philosophie naturelle
“ Le repos & le mouvement relatifs & absolus sont distingués par leurs propriétés, leurs causes & leurs effets. La propriété du repos est que les corps véritablement en repos y sont les uns à l’égard des autres. ”
George Sand,
La Comtesse de Rudolstadt
“ Ils sentent peu à peu l’angle se desserrer, s’élargir, les laisser libres, retourner à sa place, pour revenir encore, se resserrer de nouveau et recommencer continuellement la même alternative de gêne et de soulagement. ”
