“ Blagsmith endossait sa jaquette, radieux comme un monsieur qui n’a pas perdu sa journée, quand, à sa grande stupeur, il vit s’avancer vers lui, qui ? son concurrent Merrycalf. Merrycalf souriant, affable, lui tendit la main. — Hurrah ! my dear. Vous êtes un homme de parole... et d’action. — Vous n’aviez donc pas averti le jury ? — Jamais de la vie, par exemple. Bien plus drôle comme ça. — Et vous, où étiez-vous, pendant mes salves ? — Dans mon cochon, parbleu ! Vous pensez bien que je n’ai pas fait un cochon trente-six fois nature en bronze massif. ”
Alphonse Allais
Résumé
Publié en 1891, À se tordre est un recueil d’histoires absurdes et satiriques d’Alphonse Allais, où les thèmes de l’absurdité, de la satire sociale et des situations cocasses se croisent.
À travers des personnages comme Laflemme, Raoul ou Jumet, l’auteur explore des scénarios déjantés, comme le « chambardoscope » ou les malheurs d’un « petit garçon » désagréable. Le texte mêle humour et critique, avec des dialogues cinglants et des situations exagérées, illustrant la maîtrise de l’allusion et de l’ironie typiques de l’humour allaisien.
Citations de À se tordre (Alphonse Allais)
“ LE CHAMBARDOSCOPE Je ne me rappelle plus qui, mais je crois bien que ce fut le jeune duc Honneau de la Lunerie, quelqu’un s’écria : — Non, l’homme n’est pas un animal, ou si c’est un animal, c’est un animal supérieur. Sur ce dernier mot, Laflemme perdit patience : — Un animal supérieur, l’homme !... Voulez-vous avoir mon opinion sur l’homme ? — Volontiers, Laflemme. — L’homme est une andouille, la dernière des andouilles. — Et la femme ? — La femme en est l’avant-dernière. — Tu es dur pour l’humanité, Laflemme. — Pas encore assez ! C’est précisément l’humanité qui a perdu l’homme. ”
“ Rappelez-les encore, mille pétards de Dieu ! Lentement, tristement, penaudement, Jumet saisit son instrument et gagna le milieu de la cour. Tarata... ta ! Tarata... ta ! Tarata... ta ! — Mais, espèce de brute ! s’écria Lemballeur, je vous dis de sonner aux consignés, mille pétards de Dieu ! et vous sonnez aux caporaux. — Ah ! pardon, capitaine, je vous demande bien pardon. Tarata... tatata ! Tarata... tatata ! — Voilà qu’il sonne aux sergents, maintenant ! Mais il est saoul comme un cochon, ce pétard de Dieu-là ! ”
