Eugène Manuel

Eugène Manuel

Résumé

Portrait de Eugène Manuel Eugène Manuel Revue des Deux Mondes

Quand le pied n’y suffit, tant mieux ! j’y mets les mains ;
Et j’ai de vieux remords, dont rien ne me délivre,
Pour certaine escalade où tu voulus me suivre.
Donc, nous étions partis, grimpant sans trop d’efforts
Dans les longs éboulis d’un de ces contre-forts
Dont les roches, l’hiver, en bruyantes coulées,
S’acharnent sur les buis et courent aux vallées.
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Portrait de Eugène Manuel Eugène Manuel Revue des Deux Mondes

Le Pelvoux, et plus loin, morne et sombre, la Mèje !
Je ne te décris pas, — je l’essaierais en vain, —
Ce grand spectacle où l’âme aspire le divin.
Comme moi, tu connais le langage des cimes,
Et, la main dans la main, souvent, près des abîmes,
Sur les sommets où, las du bruit, nous nous calmons,
Nous avons commenté la genèse des monts !
Les Alpes et la mer évoquent mêmes rêves :
L’infini des sommets vaut l’infini des grèves.
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Portrait de Eugène Manuel Eugène Manuel Revue des Deux Mondes

Près d’Embrun, pour gagner, en passant, quelque faîte
D’où mon regard pourrait se donner cette fête
De contempler au loin les croupes du Pelvoux.
L’homme qui me guidait m’avait dit : « Voulez-vous
Un beau coup d’œil ? Le temps, très clair, nous favorise ;
Nous prendrons le sentier qui monte à Vallouise,
Au-delà des Vigneaux ; là, vous regarderez,
Et quand vous aurez vu, vous me remercierez !
Vous pourrez prolonger la course commencée
Ou redescendre encor, le soir, à la Bessée. »
J’ai toujours eu du goût pour les mauvais chemins.
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