Anonyme - Léon Blum ?

Résumé

Anonyme - Léon Blum ? VI. Les étoiles

Quand la terre était jeune, elle pensait avec affection, avec reconnaissance à l’Univers ; sa conscience était incomplète et fragile ; pour vivre, elle avait besoin du ciel, du soleil, des étoiles. Mais aujourd’hui, nous nous sommes tissés assez de soucis, d’ambitions et de désirs pour ne plus penser à autre chose. Tout ce qui est parvenu à la conscience s’isole ; et ainsi nous nous sommes séparés de l’univers. La science, l’argent, l’ambition, l’amour remplissent aisément la journée d’un homme, et sa pensée s’absorbe tout entière sur le gain qu’il suppute ou sur le plaisir qu’il espère.
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Anonyme - Léon Blum ? VI. Les étoiles

Schiller répétait souvent que l’homme se transformerait peu à peu jusqu’en son cœur même s’il consentait seulement à regarder le ciel chaque nuit. Il aurait voulu que nos pensées et notre manière d’envisager la vie pussent s’imprégner ainsi de l’idée de l’Infini ; et il est vrai que le sentiment de l’Infini sourd lentement dans notre cœur de la contemplation des étoiles. Mais c’est un sentiment passager, car la vérité gravée le plus profondément dans l’esprit des hommes, c’est que le monde n’existe que pour eux, et que même ils sont le monde à eux seuls.
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Anonyme - Léon Blum ? VI. Les étoiles

Tandis qu’aujourd’hui nous sommes rationalistes, criticistes, que sais-je encore, et nous avons perdu toute notion de la Réalité de l’Univers.
Oui, les Grecs étaient plus sages, si nous sommes plus savants. Peut-être aussi la race humaine est-elle trop vieille aujourd’hui ; elle a tant agi et tant parlé qu’elle a oublié le sens des mots et l’accent des choses. Quand la terre était encore jeune, qu’elle voyait avec des yeux actifs, avec une raison fraîche, la pensée de l’Infini lui semblait toute naturelle.
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