Eugène Manuel

Élements biographiques

Portrait de Eugène Manuel Eugène Manuel,  Mélanges en prose, publiés avec une introduction par Albert Cahen… (1905)

“ Grâce à cet amour de jeunesse, si vivant et pourtant si voilé, Brizeux, au milieu de Paris ou au cours de ses voyages, redevient breton pour rester fidèle à son inspiration première. On aurait dit que l'enfant aimée, transfigurée sans le vouloir, sans le savoir, — car elle ne lut jamais le poème qui vit par elle, — rappelait sans cesse le poète, aux heures sombres de la vie, vers la lande natale ; ce nom, c'était le talisman du barde, l'unité même de son oeuvre, le point le plus lumineux de sa poésie. Par un secret échange, Marie lui donnait l'inspiration : il lui rendait l'immortalité. ”
Source : Gallica

Portrait de Eugène Manuel Eugène Manuel,  Poèmes populaires... (1899)

“ Demain, pour qui n'a pas la fortune prospère, C'est l'artiste lassé, vieilli, qui désespère; Demain, c'est l'esprit morne et le corps affaibli; C'est l'âge pour les uns, pour les autres l'oubli; Après l'illusion qui vit imprévoyante, C'est la lutte, et parfois la misère poignante ! Car ces jeux du théâtre, où tout est fiction, De la réalité troublent la notion ; Et, dans ce chemin rude où plus d'un s'aventure, S'éveiller de son rêve est la pire torture! Combien n'ont pas frappé vos yeux indifférents, Nos égaux par le coeur, inégaux dans nos rangs! ”
Source : Gallica

Portrait de Eugène Manuel Eugène Manuel,  Pendant la guerre : poésies... (1872)

“ La plaine n'était plus qu'une paille hachée Où le sang abreuvait la terre desséchée.
J'avais vu près de moi rouler de chers amis ; Mais j'avançais toujours : je me l'étais promis.
Nous franchissions vergers, ruisseaux, ravins, collines, Hameaux, où le canon n'a laissé que ruines ; J'avais chaud, j'avais soif, et j'étais affamé.
Sur mon cœur j'avais mis un portrait bien-aimé, Ma mère,—un talisman sacré pour qui s'expose: Quand d'un vieux bâtiment, dont la porte était close, Un poste d'habits verts fit feu subitement ; Et, sans pousser un cri, je tombai lourdement.
Elle lui prend la main.
”
Source : Gallica

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