Langue poétique

Définition et enjeux

Various,  L'Illustration, No. 0036, 4 Novembre 1843

“ Votre langue, au contraire, quelle est-elle? Enervée de règles, d'entraves, de liens de goût et de purisme, épuisée par la multitude et la fécondité des auteurs, elle est vieille et caduque. C'est une langue admirable, sans doute, pour la vie de la nation; mais c'est une langue tuée pour la poésie.--Aussi on dit que la poésie meurt en France; c'est parce que la langue poétique meurt qu'on le dit; car la poésie elle-même peut-elle mourir? Et soyez, attentif à ceci: examinons la manière de Victor Hugo? Qu'a-t-il cherché, ce grand poète, si ce n'est la langue qui lui manque. ”
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Eugène Forcade,  Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 octobre 1866

“ L’émotion qui remplit la langue au début en est éliminée peu à peu, et, le mot tendant de plus en plus à devenir une sorte de notation algébrique, les phrases à n’être que des signes d’idées au lieu de manifester des sentimens, la langue devient plus propre à exprimer la vérité abstraite à mesure qu’elle devient moins propre à la poésie. La perfection de la langue philosophique et l’essor des sciences positives coïncide, vers la fin du XVIIIe siècle, avec la pauvreté de la langue poétique. ”
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Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine,  Cours familier de Littérature - Volume 03

“ La langue poétique et la langue oratoire de la France se trouvaient précisément à ce confluent des différents ruisseaux des idiomes où le génie des langues, un moment indécis, s'arrête comme embarrassé de ses richesses, tente différentes voies, puis, prenant tout à coup son parti décisif, forme ce grand courant original de la langue nationale, qui entraîne tout en purifiant tout dans son cours. ”
Source : Gutenberg

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