Nicolas Boileau,
L'Art poétique
(1674)
“ C’Un poëme excellent, où tout marche et se suit, N’est pas de ces travaux qu’un caprice produit : Il veut du temps, des soins ; et ce pénible ouvrage Jamais d’un écolier ne fut l’apprentissage. Mais souvent parmi nous un poëte sans art, Qu’un beau feu quelquefois échauffa par hasard, Enflant d’un vain orgueil son esprit chimérique, Fièrement prend en main la trompette héroïque : Sa muse déréglée en ses vers vagabonds, Ne s’élève jamais que par sauts et par bonds : Et son feu, dépourvu de sens et de lecture, S’éteint à chaque pas faute de nourriture. ”

