Résumé

A. Jauffret Revue des Deux Mondes

« Les ennemis sont accablés de ses traits ; leurs casques retentissent sous les coups répétés de son glaive, et des monceaux de Polovtsi ont mordu la poussière partout où a brillé le casque d’or du prince. » Igor vole au secours de son frère : depuis deux jours, la bataille la plus terrible, la plus acharnée, se prolonge. « La terre est teinte de sang et jonchée de cadavres. À la troisième aurore, les drapeaux russes s’abaissent devant l’ennemi, faute de sang à verser. Les vaincus terminent leur banquet sanglant et meurent pour la patrie après avoir vendu chèrement leur vie. »
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A. Jauffret Revue des Deux Mondes

En fait de littérature proprement dite, on ne peut guère citer de pièce ancienne et vraiment nationale que le poème sur l’expédition d’Igor contre les Polovtsi, qui date du xiie siècle. Cette production, très-estimée parmi les littérateurs, sert aujourd’hui de témoignage à l’antiquité de la poésie slave, et à l’existence d’autres ouvrages que le temps a dévorés. Le style, les tournures, les métaphores, tout porte à croire que ce poème est une imitation des anciens contes russes sur les exploits des princes et des héros.
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Ce poète a surtout excellé dans la fable et dans le conte : son Yermak, ou la conquête de la Sibérie, et sa Modnaïa-Géna (la petite maîtresse) , sont les deux morceaux où il a montré le plus de talent.
Depuis le commencement du siècle, et sous les auspices d’Alexandre, toutes les branches de la littérature ont éprouvé des améliorations sensibles : le style poétique, l’histoire, l’éloquence de la chaire et l’art dramatique se sont montrés avec un nouvel éclat ; Ozérof comprit mieux la tragédie : ce poète sut faire jouer plus habilement que ses devanciers le ressort de la terreur.
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