Résumé

G. Lanson Revue des Deux Mondes

Il y a dans les grâces fluides de son style, dans la douce harmonie de son vers, quelque chose d’abandonné et de tendre, qui caresse les sens et va au cœur. Une teinte légère de mièvrerie et de pétrarquisme n’en détruit pas le naturel, et l’originalité jaillit en vives sources parmi les broussailles de l’érudition. La langue, un peu diffuse et languissante en sa douceur, est saine, nette, limpide : elle peut tout recevoir et tout dire, elle est prête pour les chefs-d’œuvre.
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G. Lanson Revue des Deux Mondes

« Il y a, dit Montchrétien, de beaux et grands et forts esprits en ce royaume plus qu’ailleurs. Il ne faut que découvrir les raisins cachés sous le pampre. » Les étrangers nous achètent la toile à voile : « S’ils ont des navires, nous en avons les ailes. » Ce n’est rien : et c’est tout. Sur la matière la plus sèche et la plus rebutante fleurissent incessamment les métaphores rafraîchissantes à voir : la grâce et la poésie recouvrent l’aridité des raisonnemens, et l’on est tout surpris d’aspirer un parfum de nature vivante et de verte campagne qui s’élève du milieu de l’économie politique.
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G. Lanson Revue des Deux Mondes

Quand ce jeune Normand, qui n’a souci que du beau style, écrit des tragédies destinées à être lues ou tout au plus récitées dans quelque hôtel par lui-même et ses amis, il retarde, et se place en dehors de la voie que suit la poésie dramatique : ce qu’il--fait ne sert à rien, ne mène à rien. Car déjà la vraie tragédie était née : encore brute, à peine littéraire, aux mains du vieux Hardy, elle avait pour elle d’être un drame, une image mobile de la vie, un conflit de passions et de caractères toujours en action : dans son style rude et barbare, elle contenait les chefs-d’œuvre de l’avenir.
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