Résumé

Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - 14 juillet 1879

Là du moins, ni la rapidité du mouvement scénique, ni l’emportement fiévreux d’une action violente, ni la singularité puissante, audacieuse, de la langue, ni la magie du style ne font illusion sur le vide profond de l’action, sur l’invraisemblance humaine des caractères. Ces héroïques fantoches, que le grand vers de Ruy Blas et d’Hernani, si l’on me passe l’expression, enveloppe et revêt d’un si magnifique costume, il n’y a rien de si mince qu’eux, dépouillés une fois de leurs oripeaux splendides et réduits, comme dans les Funérailles de l’honneur, à la cape et l’épée.
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Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - 14 juillet 1879

Aussi quand l’inspiration ne le soulève pas jusqu’à ces hauteurs inaccessibles, jusque dans ces nuages où il aime à planer, n’est-il plus, trop souvent, qu’un rhéteur da la décadence habillant d’oripeaux splendides des idées prodigieusement étranges, ou pis encore, prodigieusement banales. Et comme son génie n’appartient qu’à lui, comme c’est là ce qu’on ne saurait lui dérober, et ce que lui-même ne pourrait transmettre à personne, c’est dire d’un mot qu’il est le pire modèle qu’on puisse proposer à l’imitation, et son style la pire école.
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Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - 14 juillet 1879

La tragédie classique avait placé l’idéal de sa perfection dans l’expression de ces sentimens moyens que tout homme éprouve et reconnaît comme siens, mais qu’il n’est donné qu’à peu de privilégiés d’égaler et de traduire par l’éloquence de la parole ou le charme de la poésie : le drame romantique mit le sien dans l’expression des sentimens exceptionnels, hors nature et monstrueux.
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