Résumé

Charles Magnin Les Rayons et les Ombres, par M. Victor Hugo

Toute œuvre qui ne mérite pas de faire naître ce sentiment à un degré quelconque est indigne d’occuper la pensée, le souvenir, le jugement d’aucune créature sérieuse. Où il n’y a pas tout d’abord de grandes beautés à reconnaître, il n’y a rien à faire pour la critique, qu’on peut à bon droit définir, la mesure dans l’admiration.
Si cette définition est juste, comme je le crois, on ne s’étonnera pas que nul poète de ce siècle n’ait autant exercé et passionné la critique que l’auteur des Feuilles d’automne et d’Hernani.
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Charles Magnin Les Rayons et les Ombres, par M. Victor Hugo

Il ne faut pas, d’ailleurs, demander aux poètes l’unité absolue de sentimens ; on n’aurait ainsi que sécheresse et monotonie. Les émotions les plus diverses peuvent sans dissonance s’allier, s’équilibrer, concerter même. Le cœur admet, comme on sait, les contradictions. Il y a dans cet organe une puissance merveilleuse d’affinité qui des élémens les plus divers sait tirer une résultante pleine d’harmonie. Or, ce qui est vrai du cœur est nécessairement vrai de l’art, et surtout de l’art lyrique, qui n’est que le miroir et l’écho de l’ame humaine.
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Charles Magnin Les Rayons et les Ombres, par M. Victor Hugo

PAR M. VICTOR HUGO. C’est un véritable bienfait pour toutes les natures sensibles aux jouissances de la pensée, que l’apparition d’un nouveau recueil de poésies, qui offre, par le mérite éminent de son auteur, une promesse et presque une certitude d’émotions pures, profondes, désintéressées. Au milieu du prosaïsme dont les flots débordent de toutes parts et gagnent toutes les hauteurs, un souffle vraiment lyrique qui, comme une brise inattendue, vient faire vibrer la lyre mystérieuse que chacun de nous porte en son sein, ne peut qu’être salué avec reconnaissance et sympathie.
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