Résumé

Portrait de Jean Dornis Jean Dornis Leconte de Lisle intime

Comment la poésie s’éveilla dans le cœur d’un enfant de quinze ans. C’est tout d’abord grâce au hasard heureux d’être né dans un pays merveilleusement beau et à moitié sauvage, riche de végétations étranges, sous un ciel éblouissant. C’est surtout grâce à cet éternel « premier amour », fait de désirs vagues et de timidités délicieuses : cette sensibilité naissante d’un cœur et d’une âme vierges, attendrie par le sentiment inné de la nature, a suffi pour créer le poète que je suis devenu, si peu qu’il soit.
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Portrait de Jean Dornis Jean Dornis Leconte de Lisle intime

Le trois-mâts qui portait Leconte de Lisle ne mit pas moins de cent dix-sept jours à gagner Bourbon. On fit escale à Sainte-Hélène et au cap de Bonne-Espérance. Le poète, qui déjà était républicain, n’apportait assurément pas à Sainte-Hélène l’émotion d’un fervent du Mémorial, mais il avait l’âme trop profonde pour n’être pas touché de la grandeur désolée, il avait gardé, du rocher rouge, sans un arbre, dévoré de soleil, meurtrier aux hommes, l’impression d’un des pires lieux de souffrances où une âme ait pu être enfermée pour agoniser.
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Portrait de Jean Dornis Jean Dornis Leconte de Lisle intime

L’Académie française, qui n’a point de rancunes, et qui semble même avoir pris de tout temps plaisir à triompher de ceux qui ont le plus médit d’elle, en les « couronnant » d’abord, et en les « absorbant » ensuite, avait décerné à Leconte de Lisle un prix important. « C’est une carte que l’Académie dépose chez vous, lui dirent ses familiers : ne lui rendrez-vous point la politesse ? » Leconte de Lisle se décida enfin à visiter ses futurs confrères, et il fut surpris de la courtoisie qu’il rencontra, « même chez les gens qui ne l’avaient pas lu ! »
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