Alexandre Dumas fils,
Discours de réception à l’Académie française de Charles Leconte de Lisle
“ Napoléon n’est plus, pour lui, que Bonaparte ; il n’aura été décidément qu’un sujet de poème. Voilà le poète, tout seul, entre la mer et le ciel, le voilà qui s’enivre d’ambition solitaire, qui se grise d’immortalité préventive, qui se croit le grand justicier du monde, le seul arbitre de la conscience humaine. Il n’est plus à Sainte-Hélène comme Napoléon ; il se voit, sur le Sinaï comme Moïse, sur la montagne, comme Jésus, à Pathmos, comme Saint Jean ; il sait le mot de l’infini, il croit le savoir, il nous le dit : Le moi latent de l’infini patent, voilà Dieu. Dieu est l’invisible évident. ”
