Résumé

Léon Cury Revue des Deux Mondes

« un amateur en poésie, » écrivait à un ami en 1838 : « Vous savez que ma vie de poète n’a jamais été que le douzième de ma vie réelle. La poésie n’a jamais été pour moi que le plus court des actes de la pensée humaine et celui qui dérobe le moins de temps au travail du jour ; » Victor Hugo maintient entre la poésie et la vie un contact permanent. Les chants du poète « célébreront sans cesse les gloires et les infortunes de son pays [1] , » et pour que sa puissance « soit douce aux hommes, il faut que toutes les fibres du cœur humain vibrent sous ses doigts comme les cordes d’une lyre. »
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Léon Cury Revue des Deux Mondes

Si le mort est un poète, la vraie manière de rajeunir et de glorifier sa mémoire, c’est moins de déposer sur sa tombe des fleurs et des vers que de relire ses œuvres. Et il arrive, quand ce poète est parmi les plus grands, que les événemens collaborent avec lui pour entretenir son culte. Ainsi en est-il pour Victor Hugo. C’est une épreuve singulièrement instructive que de reprendre en mains son œuvre immense et de la relire à la clarté du formidable conflit qui, depuis bientôt trois ans, bouleverse le monde.
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Léon Cury Revue des Deux Mondes

Les Français vont à la mort comme à une fête, la fête du grand sacrifice consenti. Ils ont la bravoure spirituelle, l’héroïsme joyeux, et le rire de Kléber est de même source que la chanson de Gavroche sous les balles. Vainqueurs, ils sont démens. Le général Hugo pardonne au blessé espagnol qu’il s’apprêtait à secourir et dont la balle vient de siffler à son oreille. Ils ne tuent pas pour tuer ni ne se battent pour la conquête. Le principe de leur effort et de leur endurance est de qualité plus haute et plus pure. Ils répondent à l’appel de la patrie en danger
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