Résumé

Portrait de Paul Stapfer Paul Stapfer Victor Hugo et l'affaire Dreyfus… (1901)

Il semble vraiment qu'il y ait, dans la société, une immense majorité d'hommes dont la loi morale soit d'être passive, comme le sont, dans l'ordre matériel, les bêtes et les choses. Plus on descend dans la hiérarchie, moins l'intelligence a le droit de penser ; moins peut vivre, agir et parler ce qui fait la dignité de l'homme : la liberté et la raison. Le sous-lieutenant qui refuse d'obéir paraît plus coupable, il est réellement plus téméraire que l'officier supérieur, et quant au simple soldat qui ose dire non, il doit s'attendre à être fusillé. Victor Hugo a senti cette inégalité.
Source : Gallica

Portrait de Paul Stapfer Paul Stapfer Victor Hugo et l'affaire Dreyfus… (1901)

On leur dirait que le mal engendre le mal et que le bien ne saurait en sortir, sinon par la bonté de Dieu et par une sorte d'alchimie supérieure de la Providence; que le bien doit être fait pour lui-même, seulement parce qu'il est le bien, et que subordonner l'exercice de la justice à la considération de la paix et de la prospérité de la patrie, c'est oublier que rien, fût-ce la patrie, n'est au-dessus de la justice; c'est méconnaître que la patrie, avec un crime public sur la conscience, ne peut plus vivre ni tranquille, ni heureuse, ni digne qu'on reste fier de lui appartenir.
Source : Gallica

Portrait de Paul Stapfer Paul Stapfer Victor Hugo et l'affaire Dreyfus… (1901)

La raison est, par excellence, l'avantage de l'élite; l'élite est, par définition, le petit nombre, et rien n'est plus honteux, plus lâche, plus indigne d'esprits cultivés et d'âmes « un peu bien situées » que l'argument des siècles passés, restauré de nos jours par de misérables apostats du droit, qui consiste à écraser la justice et la vérité hérétiques sous le poids et la masse de l'innombrable orthodoxie de l'erreur. Mais en fait, comme en doctrine, le juste peut être seul.
Source : Gallica

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