Résumé

Portrait de Saint-René Taillandier Saint-René Taillandier L’Histoire et l’Idéal de la Révolution française à propos du livre d’Edgar Quinet

Pourquoi cette prétention de retrancher quelque chose à l’œuvre de Dieu ? On ne taille pas l’humanité comme l’arbre d’un jardin. Tel rameau où vous voulez mettre la serpe, le croyant desséché à jamais, est peut-être celui qui portera le fruit de l’avenir. Philosophie, religion, science, la révolution mal comprise supprimait tout pour emprisonner l’humanité dans la geôle d’un stoïcisme farouche ; le génie moderne dit à toutes les forces de l’âme : épanouissez-vous ! Il n’y a qu’une chose qu’il ne tolère pas, c’est l’intolérance.
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Oui, c’est bien la pensée de M. Quinet, le terrorisme était contenu d’avance dans la révolution, si la révolution, victorieuse d’une société qui s’était appuyée durant des siècles sur la persécution et la terreur, ne parvenait pas à s’élever au-dessus d’elle par une foi religieuse plus haute. Le terrorisme était inévitable, si la révolution se bornait à vaincre le passé sans créer la foi de l’avenir, car elle devait alors se trouver infailliblement entraînée à employer contre ses ennemis les armes exécrables que ses ennemis avaient tant de fois employées contre elle.
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Jamais on ne découvrit dans Saint-Just un moment de révolte. Dès le premier jour, il voua un culte à Robespierre ; ce culte dura jusqu’à la dernière heure. Il fit tout pour s’en faire un maître ; il lui mit à la main le sceptre de la mort que lui seul eût pu porter. Il prêta à Robespierre ses facultés, son audace, son impassibilité, son délire. Il l’encouragea, il resta son disciple quand il fut son égal, il eut pour lui dans le danger des mots fraternels comme devant son aîné ; il fit plus, il l’aima. Pourtant il ne put anéantir sa nature
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