Victor Giraud

Victor Giraud

Résumé

Portrait de Victor Giraud Victor Giraud Revue des Deux Mondes

Rien de tel chez Rousseau. S’il nie, c’est à regret, et sans être au fond très sûr de ses négations, qu’il ne veut imposer à personne. A la négation pure et simple, il préfère « le doute respectueux. » « Ce que tu ne comprends pas, rejette ! » lui crie Voltaire dans une de ces notes marginales, qui illuminent tout le fond d’une pensée ; et Jean-Jacques n’a garde de lui obéir. Il « n’a pas la prétention de se croire infaillible ; » il connaît les limites de son esprit, et il n’éprouve aucun embarras à s’incliner devant le mystère.
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Portrait de Victor Giraud Victor Giraud Revue des Deux Mondes

Ce qui forme, selon moi, le mérite éminent de son Histoire religieuse de la France, c’est qu’elle est tout entière dominée par une idée générale qui, issue naturellement des faits, reparaît à tous les tournants de son livre, chaque fois formulée en des termes d’une ingénieuse et expressive justesse. Cette idée, qui s’épanouit magnifiquement dans son dernier chapitre, c’est qu’il y a, si l’on peut dire, entre le catholicisme et la France, une sorte d’harmonie préétablie, dont nos vingt siècles d’histoire sont, à proprement parler, la constante, la vivante illustration.
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Portrait de Victor Giraud Victor Giraud Revue des Deux Mondes

J’ai vécu plusieurs années, écrit à Rousseau un jeune négociant bordelais, dans un scepticisme affreux. La Profession de foi du Vicaire savoyard, ce divin écrit si propre, selon moi, à faire des vrais chrétiens, a dissipé mes doutes. J’aime la religion protestante où je suis né, j’en pratique les devoirs autant que la faiblesse humaine le comporte, sans m’inquiéter sur les choses qui sont nécessaires au salut ; et j’ai le témoignage de ma conscience. Voilà, monsieur, à quoi vous m’avez conduit ; et par vous je me trouve aussi heureux qu’un mortel peut l’être.
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