Résumé

Portrait de Paul Janet Paul Janet La Philosophie de Lamennais

En effet, la conséquence d’une telle doctrine, c’est que non-seulement l’erreur est tolérée, mais que la vérité elle-même n’est que tolérée. Tolérer l’immortalité de l’âme, tolérer l’existence de Dieu, n’est-ce pas le comble de l’insulte ! Cependant tel est le nouvel état social que nous a fait la révolution, et que la restauration elle-même avait accepté. Ce langage nous étonne ; nous sommes habitués dans le camp libéral à considérer la restauration comme le règne de la religion d’état, comme le triomphe du clergé dans le gouvernement, dans l’opinion, dans l’enseignement.
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Dieu est donc relégué, comme dans le système de la souveraineté de la raison, dans un lointain idéal, où il règne sans gouverner. C’est toujours l’homme qui est juge. Dans le libéralisme, ce sont les peuples ; dans le gallicanisme, ce sont les rois. Ils ne sont soumis à aucune règle, à aucune autorité, puisqu’il n’y a au-dessus d’eux aucune puissance spirituelle, et que d’ailleurs le royalisme n’admet ni la souveraineté du peuple, ni aucun droit de contrat de la part du peuple ; ainsi le pouvoir est sans contrat et du côté du peuple et du côté de Dieu. C’est le despotisme pur.
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Mais, de même qu’il n’y a qu’une vérité, il n’y a aussi qu’une religion. Dire que chacun est juge de la religion, c’est dire qu’il est juge de la vérité, et nous retombons dans le mal précédent. Il faut donc une autorité pour décider de la vraie religion. Or, la plus haute et la plus complète autorité est celle du christianisme. Donc, point de christianisme, point de société. Mais le christianisme lui-même ne peut subsister si chacun est juge de ce qui est et de ce qui n’est pas chrétien.
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