Joseph de Maistre

Définition et enjeux

Antoine Albalat Joseph de Maistre (1914)

On jugeait alors Joseph de Maistre sur ses livres ; il apparaissait comme un sectaire catholique, un glorificateur farouche de la théocratie et du despotisme, sorte d'Isaïe politique sans sourire et sans tendresse. On ne voyait que le penseur, et brusquement l'homme apparut, un homme doux, facile, conciliant, dévoué à ses amis, adorant sa famille, causant avec ses enfants, esprit enjoué, accommodant et modeste. Point de morgue, point d'orgueil d'écrivain. On admirait Joseph de Maistre ; on se mit à l'aimer
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Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Revue des Deux Mondes

Joseph de Maistre se partageait entre la mère, qu’il entourait de soins à Lausanne, et le père qu’il s’efforçait de consoler au loin, à qui il écrivait : « Il me semble que vous m’êtes plus cher depuis que je ne vois rien dans le monde de plus infortuné que vous... » Celui qui a passé pour un philosophe altier et sans pitié, tant qu’on ne l’a pas connu par ses lettres, avait des bontés charmantes dans l’intimité ; mais Joseph de Maistre faisait mieux.
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François Descostes Joseph de Maistre avant la Révolution… (1893)

Joseph de Maistre avait un tempérament de lutteur ; il ne craignait pas le danger et il était de ceux qui ai maient à voir la jeunesse faire preuve d'audace dans les exploits de bon aloi, pratiquer les exercices physiques qui fortifient les muscles et détournent l'esprit de penser à mal.
Il eût pu contrecarrer le projet de Xavier, il se garda d'en rien faire; mais quelle émotion ne dut-il pas éprouver au cours de toutes ces péripéties, alors que, devant cette foule émue et palpitante, une frêle nacelle d'osier emportait dans les airs son frère bien-aimé !.
Source : Gallica

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