Joseph de Maistre

Élements biographiques

Portrait de Joseph de Maistre Joseph de Maistre Considérations sur la France (1796)

Des lettres de Paris annonceront aux provinces que la France a un Roi, et les provinces crieront : Vive le Roi ! À Paris même, tous les habitans, moins une vingtaine peut-être, apprendront, en s’éveillant, qu’ils ont un Roi. Est-il possible ? s’écrieront-ils ; voilà qui est d’une singularité rare ! Qui sait par quelle porte il entrera ? Il seroit bon, peut-être, de louer des fenêtres d’avance, car on s’étouffera. Le peuple, si la monarchie se rétablit, rien décrétera pas plus le rétablissement qu’il n’en décréta la destruction, ou l’établissement du gouvernement révolutionnaire.
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Portrait de Joseph de Maistre Joseph de Maistre Lettres à un gentilhomme russe sur l'inquisition espagnole

Lorsqu’avec plus de moyens de se défendre que n’en furent donné aux autres nations, on s’est livré cependant aux mêmes fureurs ; lorsqu’on a chassé un roi légitime, qu’on en a égorgé un autre ; qu’on a passé enfin par toutes les convulsions du fanatisme et de la révolte pour arriver à la tranquillité, comment trouve-t-on le courage de reprocher à l’Espagne sa détestable Inquisition ; comme si l’on pouvait ignorer que l’Espagne seule, au moyen de cette seule institution, a pu traverser deux siècles de délire et de forfaits avec une sagesse qui a forcé jusqu’à l’admiration de Voltaire ?
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Portrait de Joseph de Maistre Joseph de Maistre Du pape

C’est la justice même, c’est la règle ; et après tout, que doit-il aux hommes ? Rien du tout ; il leur fait donc justice quand il les laisse à cause du péché originel qui est le fondement de tout ; et il fait miséricorde au petit nombre de ceux qu’il sauve par son Fils. — N’est-ce pas Dieu qui tourne nos cœurs ? N’est-ce pas Dieu qui nous fait vouloir ? N’est-ce pas Dieu qui nous délivre de l’empire du démon ? N’est-ce pas Dieu qui nous donne la vue et le désir d’être à lui ? C’est cela qui est couronné ; c’est Dieu qui couronne ses dons ; si c’est cela que vous appelez le libre arbitre, ah !
Source : Gallica

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