Joseph de Maistre,
Considérations sur la France
“ La jeunesse de la liberté a des caractères si frappans, qu’il est impossible de s’y méprendre. À cette époque, l’amour de la patrie est une religion, et le respect pour les lois est une superstition : les caractères sont fortement prononcés, les mœurs sont austères : toutes les vertus brillent à la fois ; les factions tournent au profit de la patrie, parce qu’on ne se dispute que l’honneur de la servir ; tout, jusqu’au crime, porte l’empreinte de la grandeur. Si l’on rapproche de ce tableau celui que nous offre la France, comment croire à la durée d’une liberté qui commence par la gangrène ? ”
