Anatole France,
Le Petit Pierre
“ De toutes les écoles que j’ai fréquentées, c’est l’école buissonnière qui m’a paru la meilleure et dont j’ai le mieux profité. ”
Anatole France,
Le Petit Pierre
“ De toutes les écoles que j’ai fréquentées, c’est l’école buissonnière qui m’a paru la meilleure et dont j’ai le mieux profité. ”
“ Ne fais pas, ne fais pas l’école buissonnière." Lors la plus affreuse douleur, Car rien ne la console, A tout jamais brisa le cœur Des parents de Nicole. Ils la pleuraient, ils la pleuraient soir et matin. Ils en moururent de chagrin. "Enfant, si tu m’en crois, si tu m’en crois, ma chère. Ne fais pas, ne fais pas l’école buissonnière." ↑ L'école buissonnière (lit) , hedge-school; faire l'école buissonnière (fig.) , to play truant. ”
Yvonne Sarcey,
La Route du bonheur
“ Toutes celles qui, dans la semaine, tirent l’aiguille ou alignent des chiffres derrière un guichet, ou se tiennent immobiles devant un pupitre avec les horizons bornés de quatre murs, connaissent cette sensation délicieuse de l’école buissonnière. Les travailleuses, surtout, la savourent profondément. ”
Ernest Chesneau,
La peinture française au XIXe siècle…
(1883)
“ L'enfant dont on n'augurait rien de bon, parce qu'il bousculait ses frères et pratiquait l'école buissonnière, cet enfant qui se plaisait à oublier les leçons d'un magister de village à l'ombre des grands bois, sur le bord des mares vertes de la Picardie, dans les cours bruyantes des fermes, l'enfant solitaire conserva, arrivé à l'âge d'homme, les mêmes qualités et les mêmes défauts. ”
M. Gustave Geffroy, Le Tour du monde
“ Il préfère l’école buissonnière, bien nommée, au long des haies, au creux des chemins, la journée passée au bord d’une rivière, autour d’une flaque d’eau. Toute l’année, il a ainsi des raisons pour déserter le banc, le pupitre et le tableau noir. L’hiver, les routes sont mauvaises, — l’été, de mai à juillet, c’est le travail des champs, et la tentation de la liberté. Vers la fin des classes, les rangs se clairsèment de jour en jour. La dernière semaine, l’instituteur n’a plus que les élèves qui habitent tout près, ceux dont les parents sont en relations avec le maire et l’adjoint. ”
Fêtes du 25e anniversaire de la fondation des écoles normales de la Seine… (1898)
“ « Vous avez foi dans l'école buissonniére, monsieur ! Et moi aussi, quand à votre exemple, on la fait avec les livres ou devant les chefs-d'œuvre. » Espérons que le vicerecteur de l'Académie de Paris a pardonné ce moi aussi à M. Gréard, l'académicien. Une dernière énigme. Où ce travailleur trouve-t-il le loisir de faire des livres ? Car la liste de ses publications littéraires, déjà longue, s'accroît tous les jours. ”
de la lecture publique et du multimédia Paris. Bureau des bibliothèques, Livre, mon ami : lectures enfantines… (1991)
“ Hachette, 1954. 107 p. Collection Bibliothèque de travail, brochures bi-mensuelles pour le travail libre des enfants. Collection créée en 1932 par Freinet, en réaction contre les manuels scolaires peu adaptés aux besoins d'information et de documentation des enfants. 561 L'École buissonnière, d'après le scénario écrit par Élise Freinet pour le film L'École buissonière avec Bernard Blier ; photos École buissonière et École Freinet. B. T. n° 100. 24 p. Les albums du Gai savoir, N.R.F. Gallimard. ”
“ Ainsi qu'il arrive aux acteurs dès qu'ils ont revêtu leur costume, elle se sentit dans son rôle, et s'identifia même avec le personnage qu'elle allait jouer, au point d'éprouver en elle-même comme l'insouciance, le plaisir d'un vagabondage innocent, la gaîté, la vigueur et la légèreté de corps d'un garçon faisant l'école buissonnière. ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ On était parti de ce principe qu’il faut que chaque classe de la nation puisse recevoir l’éducation la mieux appropriée à ses besoins et à ses goûts, et, dans cette pensée, on avait cru devoir fonder un enseignement intermédiaire entre l’école primaire et le collège classique. Rien de plus juste : c’était un vide qu’il fallait remplir. Seulement, la distance qui s’étend des métiers manuels aux professions libérales est très grande. En réalité, ce n’est pas une seule classe d’hommes, mais plusieurs, qui peuplent l’intervalle. ”
Ferdinand Buisson,
L’Année pédagogique
“ Cette sensation de l’unité humaine, sous la forme de l’unité nationale dont l’école est l’image enfantine, n’est pas une donnée négligeable dans l’éducation. Et c’est pour faire au moins entrevoir à la jeune génération cette face des choses volontiers cachée par les écoles confessionnelles qu’il est bon d’ouvrir, à côté de celles-ci, une école nationale, publique et laïque. ”
Émile Beaussire, La liberté dans l'ordre intellectuel et moral… (1878)
“ L'État ferait évidemment violence à leur liberté, s'il leur imposait ses écoles; or, même en acceptant un enseignement libre à côté de celui qu'il patronne, laissera-t-il toujours à leur choix toute la latitude nécessaire ? Dans la plupart des communes il ne peut y avoir qu'une école, soit privée, soit publique, et il n'est pas rare que l'instituteur, à tort ou à raison, soit l'objet des' préventions invincibles d'un certain nombre de parents. Admettez qu'il y ait deux écoles, qu'il y en ait même plusieurs : il peut se trouver des pères de famille à qui toutes inspireront de la défiance. ”
Émile Beaussire, La liberté dans l'ordre intellectuel et moral… (1878)
“ Qu'il multiplie les écoles, qu'il les rende accessibles aux plus pauvres familles par la gratuité et, s'il le faut, par des secours ; qu'il sache enfin, par l'heureuse distribution de toutes les matières de l'enseignement public et par tout l'ensemble de ses institutions, faire sentir à tous les avantages de l'instruction : il atteindra ainsi son but plus sûrement, avec moins de péril et plus d'honneur, que s'il imposait à la liberté des parents la contrainte de l'école obligatoire. ”
“ Chaque soleil levant emplissait la petite classe de l’institutrice de Boisvalliers, et chaque soir, à l’heure où les moineaux inquiets cherchaient leur pâture et se rassemblaient dans les ormeaux de la petite place, en face de l’école, s’ouvrait la porte vitrée par où l’essaim bruyant et criard des petites sauvages s’échappait et se répandait sur la place, se divisait pour s’écouler en divers courants. ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ On a pensé qu’il y avait un intérêt public à ne pas fermer aux élèves distingués de l’école primaire l’accès du lycée et que jusqu’à un certain âge le passage de l’un de ces établissemens à l’autre devait être facile. Il faut que l’enfant de onze à douze ans, auquel on a reconnu des qualités d’esprit remarquables et qui veut faire ses classes, ne se trouve pas dépaysé, en entrant en sixième, et hors d’état de suivre ses camarades. C’est ce qui a engagé, malgré des objections graves, à maintenir la première période de nos études dans les limites d’un bon enseignement primaire. ”
Ferdinand Buisson,
L’Année pédagogique
“ À peine la libération du territoire achevée, elle abordait courageusement l’énorme effort financier que nécessitait la construction des maisons d’école ajournée de génération en génération. En moins de dix ans plus d’un demi-milliard de francs — votés, il faut s’en souvenir, à l’unanimité des Chambres françaises — transforma notre outillage scolaire. C’était plus encore la situation morale de l’école que sa condition matérielle que l’on changeait en mettant, comme on disait alors, l’école dans ses meubles, gage d’installation définitive. ”
Ferdinand Buisson,
L’Année pédagogique
“ Le bon sens crie qu’elle ne peut imposer à tous les enfants que ce qui est approuvé de tous les parents. Pour le reste, idées religieuses, métaphysiques, philosophiques, politiques, sociales, l’État s’abstient, il commande à l’instituteur de s’abstenir, parce que l’État est honnête homme. Se servir de l’école publique pour ou contre une église ou un parti, ce serait le dernier des abus de confiance. ”
Jacquin, Bessancourt : M. Baillet, allocution de M. Jacquin aux obsèques de M. Ursemaire Baillet… (1878)
“ Demander que comme il est essentiel que tous les habitants de France reçoivent une éducation uniforme, et qu'à Bessancourt il y a beaucoup de pauvres gens ne pouvant payer une rétribution au maître et à la maîtresse d'école, il serait juste que, comme dans certaines villes, l'instruction soit gratuite. ”
Ferdinand Buisson,
L’Année pédagogique
“ Il reste un autre ordre d’études, un nouveau cycle de la culture nationale, longtemps méconnu sinon ignoré, qui représente une seconde partie, non la moins importante, de la dette de la société d’aujourd’hui envers la société de demain ; c’est l’instruction et aussi l’éducation qu’on appelle post-scolaire par allusion à l’école primaire et qu’on nomme professionnelle par allusion à l’objet de l’enseignement. ”
Gaston Boissier,
Les Réformes de l’Enseignement supérieur
“ Elle ne profite qu’à quelques élèves ; elle fait de la science une exception, et il faut autant que possible qu’elle devienne la règle générale. Je ne me dissimule pas qu’il n’est pas facile d’y arriver. Ce qui rend le problème fort délicat, c’est que le temps est très rempli à l’École normale, qu’on n’y peut pas introduire des études nouvelles sans en supprimer d’autres, et qu’il serait dangereux d’abolir ou de réduire ces exercices littéraires qui ont produit de si heureux résultats. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ On ne sera pas surpris, assurément, que les philosophes religieux auxquels en revenait l’honneur aient été salués comme des directeurs de conscience par les meilleurs de nos instituteurs, soustraits de bonne heure à l’Eglise, et jaloux néanmoins de rattacher à quelque formule, à une apparence de credo, leurs généreux désirs et leur besoin d’action morale. M. Buisson, il y a quelques années, inaugurait dans la Correspondance générale de l’enseignement primaire une sorte de consultation sur « l’âme de l’école » : une élite de correspondans et de correspondantes répondait à l’appel. ”
Ferdinand Buisson,
L’Année pédagogique
“ Quel démenti donne à cette allégation l’histoire de la démocratie française ! Nul régime n’a fait plus, n’a fait autant pour l’enseignement secondaire ; la part des lycées et des collèges n’a pas été, en proportion, moins généreusement mesurée que celle des écoles primaires. Et, là précisément, la République a ouvert avec autant de bonheur que de hardiesse un chapitre nouveau. C’est elle qui a créé l’enseignement secondaire des jeunes filles, dont le moins qu’on puisse dire est que le pays lui a fait un accueil dépassant toutes les espérances. ”
Émile Beaussire, La liberté dans l'ordre intellectuel et moral… (1878)
“ Aucune école, à aucun degré, ne doit être obligatoire, mais l'enseignement, sous toutes ses formes, doit être mis à la portée de tous, soit par des encouragements donnés aux écoles libres, soit par l'institution d'écoles publiques. Répandre l'instruction est un de ces devoirs que la plupart des politiques prescrivent à l'État, souvent même en l'exagérant, et que tout gouvernement civilisé se fait unhonneur de remplir. ”
Ecole normale supérieure, Livre-souvenir (1881-1906) (1906-1907)
“ J'avais donc été frappé du profit que les bons élèves des Écoles normales pouvaient tirer d'un enseignement supérieur approprié, et l'offre de M. Buisson me parut une occasion de continuer l'expérience trop tôt interrompue. D autre part, j'avais été élevé au contact permanent de renseignement primaire ; je savais, par l'exemple de mon père, ancien élève de l'École normale de Tulle, comment, en partant d'une école normale et en demeurant dans 1 enseignement primaire, on pouvait devenir, par un effort continu, un homme de toutes façons distingué ”
Ferdinand Buisson,
Panégyrique de saint Jean-Baptiste de la Salle
“ M. Buisson se scandalise trop facilement de ce que le xviie siècle n’ait pas réalisé les progrès du xxe. Nous pouvons, sans être prophète, lui prédire que la génération prochaine s’indignera des sophismes de la nôtre. Elle dira à son tour : « C’est honteux à dire, mais c’est la vérité, la société d’alors (de 1904) n’en était pas venue à comprendre » la supériorité du dévouement désintéressé sur le service salarié, de l’instituteur qui a renoncé librement à fonder un foyer pour se vouer corps et âme à l’éducation des enfants du peuple sur l’instituteur qui a le souci de sa propre famille, etc. ”
Gaston Boissier,
Les Écoles de déclamation à Rome
“ Tout n’est pas fini ; après le triomphe de l’écolier, vient celui du maître. Il fait emporter le pupitre derrière lequel il parle ordinairement, il se dresse dans sa chaire, et, reprenant le sujet que les élèves viennent de traiter, il en donne le corrigé. C’est une fête pour la classe de l’entendre, et elle y prend un plaisir si vif qu’elle se demande si ce n’est pas véritablement un crime d’empêcher les autres d’en jouir. C’est ainsi que dut venir l’idée d’ouvrir les portes de l’école le jour où le rhéteur devait parler et de laisser entrer ceux qui voulaient l’entendre. ”
Henri de Lavillatte, Esquisses de Boussac (Creuse) (1907)
“ Considérant que la commune de Boussac, dans lous les temps chef-lieu d'établissement public et encore aujourd'hui celui de la sous-préfecture du 2° arrondissement, ne peut, faute de ressources pécuniaires, prétendre à une école secondaire, la nécessité exige au moins impérieusement qu'il soit formé un établissement dans lequel les élèves, sans avoir les avantages d'une école secondaire, trouveront pourtant plus qu'un premier degré d'instruction, puisqu'on leur donnera les principes de lecture, écriture et calcul et ceux de langues latine et française ”
Paul Buessard, Le poëme philodéonique
“ ENSEIGNEMENT BUESSARD EXPOSÉ DE LA MÉTHODE POUR LES GENS PRESSÉS. Le monde se compose en grande majorité d'ignorants, et l'ignorance du plus grand nombre tient beaucoup à la lenteur et à la difficulté de la méthode ordinaire, qui ne convient pas à la majorité, aux gens pressés, soit qu'ils quittent la classe encore jeunes et dès après la première communion, soit qu'ils n'aient qu'une éducation manquée et qui demande à être refaite rapidement. Les trois quarts des élèves quittent l'école sans avoir même l'instruction première et usuelle ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ Qui empêcherait, dans les villes de quelque importance, d’avoir l’école scientifique à côté du lycée littéraire, comme, en Allemagne, la realschule est partout placée près du gymnase ? Le public serait ainsi bien prévenu de ce qu’on fait dans chaque établissement et les pères de famille choisiraient en toute connaissance celui qui convient le mieux à l’aptitude de leurs enfans ou qui les prépare directement à leur carrière. ”
Émile Beaussire, Revue des Deux Mondes
“ L’enseignement spécial attend une réorganisation qui lui assure sa véritable place dans nos institutions scolaires. L’enseignement secondaire des filles a reçu de la loi son état civil et du conseil supérieur de l’instruction publique ses programmes généraux. Il a une école normale supérieure pour former des « professeurs femmes. » Les projets commencent à se multiplier pour lui donner des lycées et des collèges. ”
Victor Du Bled, Revue des Deux Mondes
“ On ne s’étonnera pas si élèves et maîtres défendirent avec acharnement des droits aussi précieux. À côté de l’université, pour la seconder et étancher la soif de s’instruire, des écoles ecclésiastiques s’établissent d’un bout à l’autre de la province, à Besançon, Salins, Poligny, Lons-le-Saunier, Saint-Amour [12] . Même dans de modestes bourgs comme Marnay, Pesmes, Gy, des recteurs d’école ambulans ouvrent des cours de grammaire et de latin, tiennent collège ”
Émile Beaussire, La liberté dans l'ordre intellectuel et moral… (1878)
“ Or, si le premier venu peut ouvrir une école sans justifier de sa capacité, combien de familles, séduites par le bon marché, donneront leur confiance, sinon à des maîtres tout à fait ignorants, du moins à des individus d'une instruction superficielle et mal assise, qui ne sauront que répéter par routine le peu qu'ils auront appris, ou mettre entre les mains de leurs élèves quelques livres de classe dont ils seront incapables et d'éclaircir les passages obscurs et de combler les lacunes, et de rectifier les inexactitudes! ”
Gaston Boissier,
L’Académie française sous l’ancien régime
“ Les chapitres de ce volume ont paru à différents intervalles dans la Revue des Deux Mondes [1] ; mais ils ont ceci de commun, qu’ils se rapportent tous à l’ancienne Académie française. Ils sont du temps où Gaston Boissier était devenu secrétaire perpétuel. Ce fut aussi la période où les choses de l’Académie, qui lui avaient toujours tenu au cœur, prirent nécessairement pour lui une importance encore plus grande. Lorsqu’il eut déposé le fardeau de son double enseignement à l’École Normale et au Collège de France, elles finirent par l'occuper tout entier. ”
