Victor Du Bled

Résumé

Victor Du Bled Revue des Deux Mondes

C’est d’elle que procèdent tous les arts, l’amour de la gloire, l’ambition et la guerre ; les femmes n’ont point d’autre attrait que la folie ; sans elle, point de société, de liaison agréable et sûre. Quoi de plus fou que d’aimer, de mendier les suffrages du peuple, d’acheter sa faveur par des dons, de se faire dresser une statue sur la place publique ? La vie humaine n’est qu’un jeu de la folie, toutes les passions sont de son ressort : c’est folie d’ignorer, folie aussi que d’apprendre, de tromper et d’être trompé.
Source : Wikisource

Victor Du Bled Revue des Deux Mondes

Voilà sans doute l’origine du théâtre de société, car les mœurs sociales, pas plus que la nature, ne procèdent par bonds. Tombant de si haut, l’exemple ne devait pas manquer d’imitateurs. Aussi bien un salon n’est-il pas une cour en miniature, avec son roi ou sa reine, les favoris, quelques amis dévoués, la masse des indifférens, avec les petites intrigues d’ambition ou d’amour, et ce mélange d’historiettes, de sentimens nobles ou mesquins, de conversations élevées parfois, plus souvent oiseuses, qui partout forment la trame de la vie humaine ?
Source : Wikisource

Victor Du Bled Revue des Deux Mondes

Tel le poète soupirant une divine élégie à l’aspect d’une rose qui éveille en son âme des sensations ignorées du philistin ; tel le sculpteur qui tire d’un modèle à moitié stupide la statue de la Grâce ou de la Philosophie. Même en présence de chefs-d’œuvre, l’acteur n’accomplit-il pas pour l’auteur une sorte de voyage de découvertes ; ne lui révèle-t-il pas des terres vierges, des aspects nouveaux de sa pensée, comme certains paysages célèbres, la baie de Naples, le Bosphore, inspireront éternellement des accens nouveaux à ceux qui ont le don de sentir, de voir et de peindre ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature