Résumé

Portrait de Ernest Chesneau Ernest Chesneau La peinture française au XIXe siècle… (1883)

Les Vierges de l'école d'Ombrie, le Christ de Prudhon me vont au cœur, je les adore ; je regarde en face un Christ de Rubens, j'admire les Vierges de Raphaël.
L'émotion dans l'art est voulue, je le sais ; mais qu'on ne s'y trompe pas, celle qui, d'un tableau, se répand au dehors, avait son point de départ dans la nature même du peintre. L'émotion du cerveau est bien faible, celle du cœur doit se communiquer à l'âme du spectateur, toute chaude encore, si l'expression n'est pas trop risquée, de son passage à travers l'âme de l'artiste.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Chesneau Ernest Chesneau La peinture française au XIXe siècle… (1883)

En écrivant ce livre, mon premier livre, il y a vingt ans, je voulais retracer l'histoire de la peinture française dans la première moitié du XIXe, siècle, sous la forme vivement accentuée d'une série de monographies. Je voulais clore une période d'action déterminée qui, ayant accompli son mouvement jusqu'au bout, n'avait plus rien à donner. Je voulais, en évitant le pédantisme et l'ennui, écrire une œuvre d'ensei- gnement libre et sincère, à propos de ce siècle qui jusqu'à ce jour a été plus agité qu'il n'a été grand.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Chesneau Ernest Chesneau La peinture française au XIXe siècle… (1883)

Est-ce à une telle œuvre, si belle et si savante, si grande, si complète, et qui laisse une si réelle émotion, obtenue légitimement, sans horreur à l'espagnole ; est-ce à cette œuvre pathétique, d'une mélancolie douloureuse, que la critique, qui dit tenir en sa main la mesure du beau, viendra appliquer la règle et le compas ? Avant de juger le beau, il est au moins essentiel de le sentir, et de sentir les beautés propres au sujet que le peintre a choisi. En vertu des règles de la grammaire, en invoquant la Muse du style, on nierait le génie de Shakspeare, de Michel-Ange et de Beethoven.
Source : Gallica

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