Résumé

Portrait de Gaston Boissier Gaston Boissier Les Écoles de déclamation à Rome

Les plus illustres orateurs, Messalla, Pollion, l’empereur lui-même, avec ses grands ministres, Agrippa et Mécène, les encourageaient par leur présence. L’Ecole était pleine le jour où un maître célèbre, Porcius Latro, Albucius Silus, Gallio, devait prendre la parole. Les pensées ingénieuses, les phrases à effet, les images inattendues, les cliquetis de mots, toutes ces fleurs artificielles dont ils paraient leurs discours étaient accueillies par des cris d’enthousiasme. Le lendemain, dans les sociétés mondaines et lettrées de Rome, il n’était pas question d’autre chose.
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Portrait de Gaston Boissier Gaston Boissier Les Écoles de déclamation à Rome

Le roman est à peu près absent de la littérature latine, ce qui ne veut pas dire que le romanesque n’eut aucune place dans l’imagination des Romains, au moins quand ils étaient jeunes. Ils devaient en avoir le goût comme tout le monde, et la déclamation leur plaisait, parce qu’elle leur donnait un moyen de le satisfaire. L’absence du roman est fâcheuse pour ceux qui aujourd’hui veulent connaître les détails de la vie intérieure au premier siècle de notre ère, d’autant plus que le théâtre nous manque aussi pour cette époque.
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Tantôt la parole est trop faible pour rendre la pensée, et tantôt elle la dépasse dans l’effort qu’elle fait pour l’atteindre. Il est sûr que la sincérité, la conviction, servent beaucoup celui qui parle, mais elles ne lui suffisent pas. S’il ne s’agissait que d’être convaincu qu’on a raison pour faire partager son opinion aux autres, les plaideurs n’auraient pas besoin de se munir d’un avocat ; ils plaideraient leur cause mieux que personne. On a tant abusé de la rhétorique qu’il est naturel qu’on s’en défie, mais elle n’est pas condamnée à être nécessairement un art de mensonge.
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