Émile Beaussire

Résumé

Émile Beaussire Revue des Deux Mondes

« N’hésitons pas à affirmer, dit très bien M. Bouillier, que l’inconscient n’est pas de l’ordre psychique, ou bien que, s’il en est, il n’est pas le véritable inconscient. »
On entend souvent, par le nom d’inconscient, ces perceptions sourdes et comme insensibles qu’aimait à supposer Leibniz et dont M. Taine fait les élémens dans lesquels il décompose la simplicité apparente des sensations. « Entre la conscience et l’inconscience, dit M. Fouillée, il y a différence de degré et non de nature. L’inconscience est la conscience sourde, diffuse, à l’état naissant. »
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Émile Beaussire Revue des Deux Mondes

Il ne faut pas sans doute, même dans la personnalité la plus complexe et la plus riche, méconnaître l’unité ; nous devons, au contraire, reconnaître en nous une double unité : la simplicité métaphysique et une unité vivante, dont l’idéal est la plus parfaite harmonie de toutes les manifestations de l’être physique et de l’être moral ; la première est à la base, la seconde se poursuit jusqu’au sommet de l’être. Or, quand nous parlons de l’âme spirituelle et immortelle, c’est le sommet que nous considérons, c’est ce qui élève la personne humaine au-dessus des autres êtres.
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L’évolution des êtres y introduit une complexité, une richesse croissante d’attributs et de phénomènes de toute sorte. Quand nous nous représentons la dignité et l’excellence de la nature humaine, ce n’est pas dans la simplicité nue de son être que nous en trouvons les marques, c’est au contraire dans le développement le plus complet et le plus varié de la sensibilité, de la raison et de la liberté. Le plus bel éloge que l’on fera d’un homme de génie, d’un Shakspeare, par exemple, c’est de reconnaître en lui, non une seule âme, mais plusieurs âmes.
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