Résumé

E. Caro Revue des Deux Mondes

C’est la destruction, c’est la mort, c’est le mal. De quelque nom qu’on l’appelle, c’est toujours au fond la négation. La négation, c’est bien là l’essence du mal, puisque de l’aveu de tous les métaphysiciens, qu’ils s’appellent saint Augustin ou Plotin, Platon ou Spinoza, Malebranche ou Hegel, le mal n’a pas de réalité positive, n’est pas un être métaphysique : c’est uniquement l’absence, la limite du bien, de même que l’ombre n’a pas de réalité positive, mais qu’elle est l’absence, la limite de la lumière, toujours la négation.
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E. Caro Revue des Deux Mondes

Il n’y a qu’une théorie de la vie, vraiment libératrice et qui affranchit l’homme de la crainte servile de la mort : c’est celle qui donne un grand objet à la vie finie, un objet infini, si je puis dire, soit le dévoûment à une idée éternelle, soit la personnalité morale à créer par l’épreuve, soit le progrès humain, la rédemption de la pauvre espèce humaine de ses erreurs et de ses misères, sait un grand espoir d’outre-tombe, un objet enfin qui soit à la hauteur de l’âme humaine, une raison de vivre qui vaille la peine que l’on vivre, que l’on soufffe et que l’on meure pour elle.
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E. Caro Revue des Deux Mondes

C’est l’hérédité qui a tout fait ; c’est elle qui a successivement enregistré, dans le cerveau humain, une infinité d’expériences de ce genre ; elle a créé, à l’aide d’un temps presque infini, l’homme moral, aussi bien que l’homme intellectuel et l’homme physique ; elle l’a tiré lentement, pas à pas, du presque néant où gisaient son misérable présent et son précaire avenir ; elle a constitué sa conscience historiquement, pièce par pièce, sans germe antérieur, comme le capital laborieux des âges, avec le résidu des efforts de chaque homme et de chaque génération.
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