Jean-Marie Guyau,
L’Irréligion de l’avenir
(1886)
“ Au fond, le véritable Verbe, la parole sacrée, ce n’est plus Dieu qui la prononce et la fait retentir, éternellement la même, à travers les siècles ; c’est nous qui la prononçons, nous la lui soufflons tout au moins, — car qu’est-ce qui fait la valeur d’une parole, si ce n’est le sens qu’on y met ? Et c’est nous qui donnons ce sens. L’esprit divin passe donc dans le croyant et, par moments du moins, il semble que notre pensée soit le vrai Dieu. C’est un chef-d’œuvre d’habileté que cet essai de conciliation entre la foi et la libre-pensée. ”
