“ Bienheureux celui qui aura ce bien en partage ! (Dieu ou la félicité, car c’est tout un) s’écrie encore saint Anselme ; tout ce qu’il désirera lui sera accordé, tout ce qu’il détestera n’existera plus ; là sont tous les biens du corps et de l’âme, tels qu’aucun œil ne les a vus... Aime le bien unique dans lequel sont contenus tous les autres, et tu as assez... Qu’aimes-tu, ma chair ? que désires-tu, mon âme ? Là se trouve tout ce que vous aimez, tout ce que vous désirez. Voulez-vous la beauté ? là les justes brillent comme le soleil. Voulez-vous la légèreté, la force, la liberté du corps ? ”
Ludwig Feuerbach
Résumé
"La Religion", écrit par Ludwig Feuerbach, est un essai philosophique qui interroge les fondements de la divinité et de la foi chrétienne. L'auteur y examine l'immortalité, la conscience humaine et la nature des dogmes religieux, affirmant que Dieu n'est qu'une projection de l'essence humaine.
À travers des réflexions sur l'imagination, la théologie et la contradiction, Feuerbach démontre que la divinité dépend de l'humanité, et que l'immortalité n'est qu'une affirmation stérile de l'existence. Ce texte, publié en 1841, reste une critique percutante de la religion et de ses illusions.
Citations de La Religion (Ludwig Feuerbach)
“ D’où nous inférons, que si ce Dieu n’est un Dieu réel ou vivant qu’en faisant le bien des hommes, ce Dieu est évidement un être philanthropique, un être humain par excellence, bref l’homme même. L’homme, c’est le critérium et la mesure de Dieu. L’Homme, c’est l’Être absolu, l’essence de Dieu. Un Dieu séparé de l’homme ne mérite pas d’être appelé Dieu ; ôtez à votre Dieu l’attribut de l’Humanité, vous lui arrachez aussi sa divinité ; détruisez l’homme, et vous rayez Dieu ; effacez le rapport de Dieu avec l’homme, et vous effacez l’essence Dieu même. ”
“ XXXVI Si la doctrine de l’unité de Dieu est pour les déistes une doctrine révélée, d’origine surnaturelle, c’est qu’ils n’ont pas vu que l’homme a en lui la source du monothéisme et que le fondement de l’unité de Dieu c’est l’unité de la conscience et de l’esprit de l’homme. Le monde se déroule à mes regards avec l’infinie variété de ses êtres innombrables, et cependant tous ces êtres divers, le soleil, la lune et les étoiles, le ciel et la terre, ce qui est loin et ce qui est près, ce qui est présent et ce qui est passé ou absent, tout cela est embrassé par mon esprit, par ma tête. ”
