Résumé

Émile Beaussire Du Fondement de l'obligation morale… (1855)

Il est conséquent avec tout son système, qui fait sortir toute la morale de l'idée pure de la liberté. Mais cette liberté qu'il a en vue, ce n'est pas notre libre arbitre avec ses défaillances et ses imperfections ; c'est l'indépendance absolue d'une volonté autonome, qui est à elle-même sa propre loi. Quant à la liberté dont nous avons conscience, elle n'est pas respectable en elle-même, car elle peut faire le mal comme le bien. La liberté d'autrui, sous ce rapport, est, comme la nôtre, imparfaite, changeante, et sujette à faillir.
Source : Gallica

Émile Beaussire Du Fondement de l'obligation morale… (1855)

N'oublions pas d'ailleurs que notre volonté n'est pas cette faculté abstraite, qui, dans le système de Kant, se détermine toujours d'après les conceptions de la raison. La liberté dont elle jouit, n'est pas la complète possession de soi-même, mais le libre arbitre, c'est-à-dire le pouvoir de choisir entre des motifs opposés, entre le bien et le mal. Aussi ses déterminations ne peuvent jamais se prévoir d'une manière absolue. Elle sera chez certains hommes tout à fait maîtresse d'elle-même, et complètement asservie chez d'autres à toutes les séductions des sens.
Source : Gallica

Émile Beaussire Du Fondement de l'obligation morale… (1855)

Où chercherons-nous la règle de cette justice humaine, si différente de celle de Dieu? On ne peut la demander au devoir, puisqu'on veut en faire le principe même du devoir. Dira-t-on que la justice est une qualité de nos actions? On rencontre les mêmes objections sous lesquelles a déjà succombé une théorie semblable, appliquée à l'idée du bien. Une action prise en elle-même n'a rien de juste ni d'injuste : elle ne peut le devenir que dans son rapport avec une personne. Je refuse de restituer des armes qu'on m'a confiées : est-ce une injustice, demande Socrate dans la République de Platon?
Source : Gallica

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